‹ La philosophie naturelle [microform]Chapitre 93 sur 188 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

les anciens trouvent de nouveaux lecteurs et que chaque lecteur subit à son tour les mêmes effets plus ou moins modifiés suivant son idéal du moment, vous conviendrez de l'énorme circulation de sentiment désormais entretenue par l'œuvre de l'artiste romancier.

La démonstration est tout aussi aisée à faire pour toutes les œuvres littéraires. Voici /'^i;ar^ de Molière. Il est vieux de plus de deux siècles et n'en continue pas moins à redire les tourments mêlés de piètre joie que l'artiste à su lire dans la vie de l'avare.

Même démonstration pour la musique, pour la sculpture. Mais où donc est le sentiment dans l'œuvre d'art architecturale ? Il y est très évident. Ne parle-t-on pas couramment du sentiment d'une façade, de l'esprit d'un édifice? Ce n'est pas simple manière de parler. Songez au moindre petit propriétaire qui se fait un nid. Il l'a pensé, senti : confortable à habiter et gracieux à voir. Ah ! le gai sentiment familial souriant à travers la grille du cottage de banlieue ! En revanche, quelle grandeur dans cet édifice national, peut-être pâs plus grand que l'autre, plus petit même, si c'est une porte de ville ou un corps de garde. Quelle insolence dans cet autre édifice, habitation de parvenu brusquement enrichi, dont l'esprit s'est incarné tout entier dans sa conception de la richesse architecturale ! L'étude de l'architecture, autant que toute autre étude d'art, est une mine de sentiments. Comparez entre elles, les constructions similaires des diverses époques, les

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