‹ La philosophie positive d'Auguste Comte [microform]Chapitre 37 sur 68 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l*hilosO|)liio biotaxique.

A l'analyse statique des corps vivants succède la coordination hiérarchique de tous les organismes connus, ou même possibles en une seule série, destinée à servir de base à l'ensemble des spéculations biologiques. Nous devons donc caractériser les principes essentiels de celte opération philosophique Nous avons déjà vu que la science biologique se di«tineue entre toutes pour avoir développé la théorie des classifi'calions, qui a atteint sa perfection quand elle a été appliquée aux allnbuls complexes de l'organisme animal. Si, à toutes les époques, I organisme végétal paraît avoir été le sujet direct de la classification biologique, la considération des animaux a toujours fourni le type de.stiné à diriger les spéculations phiosophiques correspondantes. Il n'en pouvait être autrement tellement sont prononcées et incontestables les distinctions propres aux divers organismes animaux. Aussi, la classification zoologique d'Arislote, malgré ses imperfections secondaires, est-elle infiniment supérieure à tout ce qu'on a pu enter alors d'analogue envers les végétaux. Cette classificaion primordiale a été plutôt rectifiée que changée par les travaux modernes; tandis que celle des végétaux a éprouvé un sort contraire. En réalité, les premières lentalives heureuses de classification zoologique ont précédé de beaucoup l'établissement des vrais principes de classification ; au contraire c est seulement par une laborieuse application svstématiquè de ces principes qu'on a pu, depuis un siècle au plus, entreprendre la coordination rationnelle des espèces végétales II importe de remarquer que cette opération, dans laquelle le règne animal était employé comme type, a finalement abouti au perfectionnement zoologique. Nous avons même lieu de craindre que l'organisme végélal, par sa grande simplicité, ne puisse jamais être assujetti à une classification beaucoup meilleure que celle où l'a laissé le dernier siècle. Les travaux des reformateurs de ce temps sont bien loin sans doute d'avoir «•le sans utilité; seulement, ce qu'ils avaient entrepris pour le

règne végétal a surtout profité au règne animal. Un tel résultat était inévitable, puisque la propriété qui permettait au règne animal de servir de type à la théorie laxonomique devait le rendre propre à recevoir tous les perfectionnements issus des principes généraux de celte théorie. Néanmoins, le caractère de la philosophie taxonomique devait rester incomplet tant que la classification végétale continuerait à être envisagée comme le but principal de la recherche; et la classification n'est devenue rationnelle que quand on eut enfin conçu le domaine végétal comme l'extrémité de la série dans laquelle l'organisme animal le plus complexe doit occuper la première place. D'après cet ordre, l'organisme végétal sera étudié avec plus de succès qu'il ne Ta été lorsqu'on en faisait l'objet d'une investigation exclusive. Les naturalistes n'ont qu'à étendre à toute la série les considérations anatomiques et physiologiques trop exclusivement attachées aux organismes animaux. Il doivent reconnaître la nécessité d'une telle extension, maintenant que l'esprit humain s'est élevé au vrai point de vue propre à la théorie fondamentale de la classification naturelle.

Ces remarques préliminaires définissent notre étude. Quoique nous devions avoir en vue l'ensemble de la biotaxie, le règne animal constitue notre sujet immédiat et explicite, soit pour fournir les bases rationnelles de la théorie générale des classifications, soit pour apprécier son application la plus capitale et la plus parfaite.

Deux grandes notions philosophiques dominent la théorie de la méthode naturelle : la formation des groupes naturels et leur succession hiérarchique. Bien que ces deux ordres de considération puissent, sous le point de vue logique, être finalement réunis, il n'en est pas moins indispensable de les séparer ici.

La formation des groupes naturels consiste à classer ensemble les espèces dans lesquelles on trouve, malgré des différences caractéristiques, des analogies essentielles qui les rendent plus semblables entre elles qu'à aucune autre ; sans s'occuper encore, ni de l'ordre à établir entre ces groupes, ni même de leur distribution intérieure. Si l'on se bornait à cette opération, la classification demeurerait vague et arbitraire,

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puisqu'aucun principe ne viendrait déterminer le de^ré d extension de chaque groupe, ce qui altérerait la propriété !!! rr. ': '". Classification proposée; car, avec des gioupes trop étendus, les rapprochements des espèces deviendraient presque illusoires; tandis que des groupes trop restremts, et par suite trop multipliés, rendraient les comparaisons presque impossibles. Aussi, une grande discordance a-t-e le ete observée dans les divisions primitives en ordre, tamdle et même <jenre. Mais la difficulté disparaît par l'étabhssemenl de la hiérarchie fondamentale qui assigne rigoureusement la place à chaque espèce, et définit clairement les nouons de ^.nr., de famille et de classe, lesquelles indiquent alors différentes sortes de décomposition effectuées d'après certames modifications du principe qui a dirigé la formation ae la série. Le règne animal, surtout dans sa partie supérieure, est jusqu'ici le seul où ces degrés successifs aientcomporte une description pleinement scientifique. La grossière classification en groupes naturels était un préliminaire indispensable pour ordonner en série une foule incommensurable de matériaux répandus dans la nature. Les i^roupes étant amsi séparés et Tétude de leur distribution intérieure éliminée la foule immense des existences organiques devenait abordable. Ce grand avantage a fait croire à tort aux botanisles que la formation de ces groupes était la partie la plus scientifique de la méthode naturelle, au lieu de n'y voir qu'une simple opération préalable. L'établissement régulier des amilles naturelles offre sans doute de grandes facilités à 1 étude scientifique en permettant à un cas unique de servir a un groupe entier; mais une telle propriété ne correspond nullement à la principale destination delà méthode naturelle désormais envisagée comme le moyen rationnel le plus propre a l'étude générale, statique ou dynamique, du système des corps vivants. Sa condition taxonomique essentielle consiste en ce que la seule position assignée à chaque organisme fasse ressortir l'ensemble de sa nature anatomique et physiologique comparativement à ceux qui le précédent et à ceux qui le suivent. Or, la classification rationnelle ne pourrait posséder ces propriétés caractéristiques, si on la supposait ré^ duite à l'établissement des familles naturelles, quand même

toutes les espèces y seraienl groupées avec une perfection très loin d'être possible; car Tordre arbitraire des familles et la décomposition indéterminée de chacune d'elles en espèce, feraient disparaître toute aptitude à la haute comparaison anatomique ou physiologique, pour ne plus permettre, comme dans le règne végétal, que la recherche d'analogies partielles et secondaires.

La méthode naturelle est donc philosophiquement caractérisée par rétablissement général de la hiérarchie organique réduite, si Ton veut, à la coordination des genres, ou même des familles, dont le règne animal nous offre seul aujourd'hui la réalisation, quoique encore à l'étal d'ébauche. Trois grandes lois président à cette coordination : 1« Les espèces animales présentent une complication toujours croissante, soit quanta la diversité, à la multiplicité et à la spécialité de leurs élémenls analomiques, soit quant à la composition et à la variété de plus en plus grandes de leurs organes et de leurs appareils ; 2*^ cet ordre correspond exactement, sous le point de vue dynamique, à une vie toujours plus complexe et plus active, composée de fonctions plus nombreuses, plus variées et mieux définies; 3^^ l'être vivant devient ainj^i, par une suite nécessaire, de plus en plus modifiable, en même temps qu'il exerce sur le monde extérieur une action toujours plus profonde et plus étendue. C'est la réunion de ces trois lois qui fixe rigoureusement le vrai sens philosophique de la hiérarchie biologique, chacune devant dissiper l'incertitude que pourraient laisser les deux autres. De là résulte la possibilité de concevoir finalement l'ensemble des espèces vivantes disposé en un ordre tel que Tune quelconque d'entre elles soit constamment inférieure à toutes celles qui la précèdent, et constamment supérieure à toutes celles qui la suivent, quelle que doive être d'ailleurs, par sa nature, la difficulté de réaliser jamais jusqu'à un tel degré de précision ce type hiérarchique. Tous les esprits supérieurs s'accordent maintenant à prendre celte conception pour le point de départ de toute spéculation biologique, et par conséquent je n'ai pas besoin de m'arrêter à signaler les controverses antérieures, à l'exception d'une seule, qui est vraiment digne d'être remarquée, parce qu'elle tend à éclaircir et à perfectionner le principe de la méthode

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naturelle. Je veux parler de la discussion soulevée par Lamarck et soutenue, quoique d'une manière imparfaite, par Luvier, relativement à la permanence générale des espèces organiques. Il faut d'abord reconnaître à ce sujet que, quelle que dût être la décision finale sur cette grande question biologique, elle ne pouvait aucunement affecter l'existence fondamentale de la hiérarchie organique. Au premier abord on pourrait penser que, dans l'hypothèse de Lamarck, il n'y a plus de série zoologique, tous les organismes animaux étant Identiques et leurs différences caractéristiques attribuées à linfiuence des circonstances extérieures ; mais nous verrons par un examen plus approfondi, que son hypothèse présente la série sous un nouvel aspect, qui rend l'existence de'l'échelle plus claire et plus incontestable qu'auparavant, car l'ensemble de la série zoologique deviendrait alors, aussi bien en fait qu'en spéculation, parfaitement analogue au développement de Imdividu, du moins dans sa période ascendante. Il n'y aurait plus qu'une longue succession déterminée d'états orgamques déduits graduellement les uns des autres, dans la suite des siècles, par des transformations de plus en plus complexes, dont l'ordre, nécessairement linéaire serait exactement comparable à celui des métamorphoses consécutives des insectes hexapodes, seulement beaucoup plus étendu Ln un mot, la marche progressive de l'organisme animal qui n est maintenant qu'une abstraction commode destinée à facihter la pensée en abrégeant le discours, se convertirait ainsi en une véritable loi naturelle. Cette controverse, dans laquelle Laniarck montra la conception de beaucoup la plus claire et a plus profonde de la hiérarchie organique dont Cuvier sans la combattre en principe, méconnut souvent les caractères les plus essentiels, laisse donc intacte la théorie de la série biologique, qui est indépendante de toute opinion sur la permanence ou la variation des espèces vivantes.

Le seul attribut de cette série qui puisse être affecté par une telle controverse, consiste dans la continuité ou la discontinuité de la progression organique : car, si on admet l'hypothèse de Lamarck, d'après laquelle les divers états organiques se succèdent lentement par des transitions imperceptibles, û faudra évidemment concevoir la série ascendante comme

rigoureusement continue. Si, au contraire, nous admettons la fixité des espèces vivantes, nous devrons poser en principe la discontinuité de cette série sans prétendre y limiter aucunement à priori les moindres intervalles élémentaires. Telle est la question à considérer, et, ainsi limitée, la discussion est d'extrême importance pour le perfectionnement général de la méthode naturelle, qui sera, en effet, bien plus nettement caractérisée si nous pouvons concevoir les espèces comme essentiellement fixes, et, par suite, la série organique, même à son plus entier développement, comme composée de termes distinctement séparés; car Fidée à^ espèce, qui constitue la principale unité biotaxique, cesserait de comporter aucune définition scientifique si nous devions admettre la transformation indéfinie des diverses espèces les unes dans les autres, sous Tinfluence suffisamment prolongée de circonstances extérieures suffisamment intenses. Quelque certaine que soit l'existence de la hiérarchie biologique, sa réalisation nous présenterait, dès lors, des difficultés presque insurmontables; ce qui nous prouve le haut intérêt philosophique qui s'attache à cette grande question.

L'argumentation de Lamarck reposait sur la combinaison de ces deux principes incontestables, mais mal définis : premièrement, l'aptitude d'un organisme quelconque, et surtout d'un organisme animal, à se modifier conformément aux circonstances extérieures où il est placé, et qui sollicitent l'exercice prédominant de tel organe spécial, correspondant à telle faculté devenue plus nécessaire; deuxièmement, la tendance des modifications directes et individuelles à se fixer dans les races par la transmission héréditaire, de manière qu'elles augmentent à chaque génération nouvelle si le milieu demeure inaltéré. Il est clair que si cette double propriété était admise sans restriction, tous les organismes pourraient être envisagés comme ayant été produits les uns par les autres, du moins en disposant des influences extérieures avec cette liberté et cette prodigalité si aisée pour l'imagination de Lamarck. La fausseté de cette hypothèse est aujourd'hui si bien reconnue par les naturalistes, qu'il suffit de caractériser sommairement en quoi consiste son vice fondamental .

Nous n'avons pas besoin de nous arrêter à objecter le temps

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incommensurable qu'exige chaque système de circonstances extérieures pour effectuer une telle transformation organique m d exposer la futilité qu'il y a à imaginer des milieux orga: niques purement idéaux, privés de toute analogie avec les milieux actuels ; il suffit de considérer que la conjecture r pose sur une notion profondément erronée de la nature de 1 W n.sme vivant. L'organisme et le milieu sont, sans doute en relation mutuelle, mais il ne s'ensuit pas qu; fun des d'eux produise l'autre. Il s'agit seulement d'un'équilibre mutuel entre deux forces hétérogènes et indépendantes. Si tous le organismes avaient été placés dans tous les milieux imaginables pendant un temps convenable, la plupart auraient fini par disparaître pour ne laisser subsister que ceux nui nou valent satisfaire aux lois de l'équilibre fondamental et c'esî probablement d'après une suite d'éliminations analogues que 1 harmonie biologique a dû s'établir peu à peu sur notre pTanete ou nous- la voyons encore se modifier d'une manière semblable. Or la notion d'un tel équilibre deviendrait"! telligible si 1 organisme était supposé modifiable à Imfini sous 1 influence du milieu, sans avoir de lui-même aucune énergie propre et indestructible .

Quoique l'exercice sollicité par des circonstances exiérieures change certainement l'organisation primitive en la développant davantage suivant une direction spéciale, les limites d altération sont très étroites, en sorte que les besoins au heu de créer des facultés, comme Lamarck le pensait' ne font que les développer à un degré très considérable D'ail leurs, d'où pourraient réellement provenir les besoins s'il n existait point de tendances primordiales? La disparition des espèces animales les plus élevées, à mesure que Fhomme en vahit leur territoire, montre combien est limité le pouvoir de 1 organisme pour s'adapter aux exigences d'une nouvelle situation. Même les races humaines les moins civilisées s'effa cent devant celles qui le sont davantage, et il est reconnu cependant que la faculté d'adaptation est plus grande dans les organismes supérieurs, tandis que l'hypothèse de Lamarck exigerait, en sens inverse, la plus grande aptitude à la modification dans l'organisme le plus inférieur. Sous le point de vue statique, aussi, une telle conception obligerait à regarder

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la première ébauche animale comme renfermant, du moins à Félal rudimentaire, non seulement tous les tissus, ce qui est admissible d'après leur réduction au tissu cellulaire, mais encore tous les organes ou systèmes d'organes, ce qui est contraire à l'ensemble des comparaisons anatomiques. Ainsi, à tous les égards, la conception de Lamarck est condamnée; elle tend même à rompre l'équilibre philosophique entre les deux idées fondamentales d'organisation et de vie, en conduisant à supposer le plus de vie où il y a le moins d'organisation; mais elle nous fait sentir la nécessité d'étudier les limites entre lesquelles, en chaque cas, le milieu peut modifier l'organisme, sujet sur lequel il reste beaucoup à apprendre. Désormais, on ne saurait douter, surtout après les lumineuses expositions de Cuvier, que les espèces demeurent essentiellement fixes à travers toules les variations extérieures compatibles avec leur existence.

L'argumentation de Cuvier repose sur deux considérations principales, complémentaires l'une de l'autre : la permanence des espèces les plus anciennement connues, et la résistance des espèces actuelles aux plus grandes forces modificatrices, en sorte que, sous le premier aspect, le nombre des espèces ne diminue point, et sous le second, il n'augmente pas davantage. La preuve de la permanence des espèces nous est fournie par les descriptions d'Aristote et par les espèces fossiles que nous trouvons identiques à celles que nous avons sous les yeux ; enfin, nous reconnaissons dans les momies les plus antiques jusqu'aux simples différences secondaires qui caractérisent aujourd'hui les diverses races humaines. Sous le second point de vue, l'argument le plus décisif résulte d'une exacte analyse des effets de la domestication sur les animaux et les végétaux. L'intervention humaine, qui constitue le cas le plus favorable à la variation de l'organisme, n'a pu, même combinée avec le changement de localité, altérer les caractères propres à chaque espèce, aucune d'elles ne s'étant transformée en un autre. Dans l'espèce humaine, aucune modification de race, aucune influence de l'état social n'ont jamais fait varier sa nature fondamentale, toujours hautement prononcée ; ainsi, sans s'égarer dans des spéculations vaines sur l'origine des différents organismes, on admettra comme

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une grande loi naturelle que les espèces vivantes tendent à se perpétuer indéfiniment avec les mêmes caractères p^paV/ maigre les variations extérieures compatibles avec leur exis! nce Tant que cette variation croissante n'est pas deveruecol Srr î ""^"*"" fondamentale qui ne Lurait c "ange I espèce subsiste en se modifiant; au-delà, Tespèce ne Té modifie pomt elle périt. Quelque précieuse que soTune tel e

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de termes nettement distincts, séparés par des intervalles m ranch ,,,, On doit voir maint'enant ^e Z:::^^^ cèdent n était pas une digression superflue, mais qu'il Lit nécessaire pour établir dans la hiérarchie des corjs vivant cette propriété caractéristique si directement destinée à l'étabhssement rationnel de la hiérarchie elle-même Après avoir examiné les deux grandes conceptions des oupes naturels et de la hiérarchie biologique, don' la combinaison constit^ ,a méthode naturelle proprement dite, il me reste a indiquer les deux grandes conditions logiques de

sut:;-*" " ?"' ^^'""'^^^^' '^ '''^'^' - principe le ubordination des caractères ; l'autre, finale, prescrit la traduc

ion définitive des caractères intérieurs en caractères extérieurs ; celle-ci résulte toujours, à vrai dire, d'un examen approfondi de ce même principe.

Dès I origine de la méthode naturelle, avant même que 1 investigation n eût passé des groupes naturels à leur hiérarchie, on avait reconnu que les caractères taxonomiques devaient être non seulement comptés, mais pesés suivant les règles d une certaine subordination fondamentale qui doit exis-

1er entre eux. La seule subordination strictement scienlifique et libre de tout mélange arbitraire, est celle qui résulte d'une analyse comparative des ditîérents organismes. Cette analyse, de date récente, n est encore appliquée qu*au règne animal ; ainsi, la subordination n'était qu'imparfaitement conçue avant l'institution de l'anatomie comparée, et la pondération des attributs est étroitement liée à la conception de la hiérarchie organique. La subordination des caractères taxo- • nomiques s'effectue en mesurant leur importance respective, d'après la relation des organes correspondants aux phénomènes qui distinguent les espèces que l'on considère, ces phénomènes devenant plus spéciaux à mesure que nous descendons à des subdivisions plus petites. En un mot, ici comme ailleurs, le véritable esprit philosophique consiste à établir une exacte harmonie enlre les conditions statiques et les propriétés dynamiques, entre les idées de vie et les idées d'organisation que nos abstractions scientifiques ne doivent jamais séparer qu'afin d'en perfectionner la combinaison ultérieure. Ainsi, sans que nous puissions toujours l'atteindre, notre but désirable consiste à subordonner les caractères taxonomiques l'un à l'autre sans admettre rien d'arbitraire dans aucun arrangement important. Nous rencontrerons sans doute ainsi dans notre liste des lacunes que nous aurions évitées ou auxquelles nous aurions été insensibles d'après un système arbitraire ; mais nous devons nous y résigner et nous accoutumer à envisager la classification naturelle comme une science véritable, continuellement progressive, toujours perfectible, et par conséquent toujours plus ou moins imparfaite, de même que toute science positive.

Dans la comparaison, on doit commencer par admettre les caractères sans restriction, en vertu de leur rationalité positive, quels que soient l'incommodité de ces caractères et les obstacles que leur vérification puisse rencontrer, car c'est là le fondement de la classification proposée. Ensuite il faut éliminer ceux de ces caractères dont la vérification serait trop difficile, en leur substituant quelques équivalents usuels ; sans cette transformation, communément mal appréciée, le passage de l'abstrait au concret serait radicalement entravé. L'anatomiste et le physiologiste peuvent se contenter d'une définition

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des groupes qui ne conviendrait pas au zoologiste, et encore moins au naturaliste. L'esprit des transformations nécessaires se trouve ainsi suffisamment indiqué. D'abord on voit aisément combien il est important d'écarter les caractères qui ne sont pas permanents et ceux qui n'appartiennent pas aux diverses modifications naturelles de l'espèce en question, lis ne sauraient être admis que comme attributs provisoires, jusqu'à ce que de véritables équivalents permanents et communs aient été découverts. Mais la nature même du problème montre que le but de la substitution principale serait de remplacer tous les caractères intérieurs par les extérieurs ; et c'est ce qui constitue la difficulté capitale en même temps que la plus haute perfection de cette opération finale. Quand une telle condition a pu être réalisée en s'appuyant sur la classification rationnelle primitive, la méthode naturelle est irrévocablement constituée dans la plénitude de toutes ses diverses propriétés essentielles, comme nous le voyons à l'égard du règne animal. Cette transformation paraît être nécessairement possible, car l'animalité étant principalement caractérisée par son action sur le monde extérieur et la réaction correspondante, les phénomènes primitifs les plus importants de la vie animale doivent se passer à la surface de séparation entre l'organisme et le milieu. Ainsi, les considérations relatives à cette enveloppe, sa forme, sa consistance, etc., fourniront naturellement les principales différences qui doivent distinguer les diverses organisations animales. Les organes intérieurs, privés de toute relation directe et continue avec le milieu, conserveront une importance supérieure pour les phénomènes végétatifs, base primitive et uniforme de la vie générale, mais ils seront secondaires en considérant les degrés d'animalité; en sorte que la partie intérieure de l'enveloppe animale principalement destinée à l'élaboration des divers matériaux assimilables, aura moins de valeur, sous le rapport taxonomique, que la partie extérieure, siège nécessaire des phénomènes les plus caractéristiques. D'après cela, la transformation des caractères zoologiques intérieurs en caractères extérieurs n'est pas seulement un artifice ingénieux et indispensable, mais un simple retour à la marche philosophique directe que l'esprit humain n'avait pu suivre à cause des connaissances biologiques, à peine

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combinées aujourd'hui, qu'exigeait uue telle manière de philosopher. Quand donc nous voyons recourir aux caractères intérieurs, dans l'étude de la série animale, nous devons reconnaître que non seulement la classification n'est pas encore terminée, mais que l'opération est imparfaitement conçue, - puisqu'on n'a point remonté, par la saine analyse biologique, à la source primordiale des analogies empiriquement découvertes.

Ayant ainsi déterminé la nature de la méthode naturelle, nous allons apprécier le mode de son application à la coordination de la série biologique condensée en ses masses principales.

La division la plus générale du monde ori^anique consiste dans la distinction entre le règne animal et le règne végétal. Cette division demeure un exemple d'une discontinuité complète en dépit de tous les efforts pour la représenter comme artificielle. A mesure qu'on approfondit l'étude des animaux inférieurs, on reconnaît de plus en plus que la locomotion au moins partielle, et un degré correspondant de sensibilité générale, sont les caractères prépondérants et uniformes de l'ensemble du règne animal. Ces deux attributs sont même plus universels dans ce règne que l'existence d'un canal digestif, que l'on considère communément comme son principal caractère exclusif. Une telle prépondérance n'aurait pas été assignée à cet attribut de la vie organique, si on n'y avait vu une conséquence inévitable, et par suite un indice irrécusable, de la double propriété de locomotion et de sensibilité, propriété à laquelle nous devons ainsi donner la première place. Cette transformation, toutefois, ne saurait être parfaitement rationnelle qu'à l'égard des animaux qui ne sont point fixés; en sorte que, pour les suivants, il resterait à trouver une autre indication plus générale de l'animalité universelle s'il fallait renoncer à y découvrir ultérieurement toute condition anatomique directe de ces deux propriétés animales. Quant à ces végétaux, tels que Thedysarum gyrans, qui paraissent présenter quelques signes de ces propriétés, l'analyse de leurs mouvements n'a dévoilé aucun vrai caractère d'animalité, puisqu'on n'y aperçoit aucune relation constante et immédiatt»,

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soit avec les impressions extérieures, soit avec le mode d'alimentation .

Après la distinction des deux règnes organiques, se présente la question de la hiérarchie du seul règne animal. Au lieu des considérations irrationnelles de séjour, de mode d'alimentation, etc., d'abord prépondérantes, nous nous appuyons actuellement sur la considération suprême de la complication plus ou moins grande de l'organisme, sur sa perfection relative, sa spécialité, son élévation, en un mot sur le degré de dignité animale, suivant la belle expression de Jussieu. Toutefois, un dernier pas préliminaire restait à faire avant de pouvoir entreprendre l'établissement d'une classification pleinement homogène. Il fallait préciser l'ordre d'importance suivant lequel les différents organes devaient participer à la construction de la hiérarciùe animale. La combinaison des deux grandes impulsions données par Bichat et par Buffon, l'une tendant à chercher dans l'organisation les véritables bases de la hiérarchie zoologiqne, l'autre à faire apprécier les degrés d'animalité propres aux différents organes, a produit dès le commencement de ce siècle une première esquisse directe et générale de la gradation définitive du règne animal. Dès lors, on a admis que le système nerveux constituant l'élément anatomique le plus animal, la classification devait être dirigée d'après lui, en ne recourant aux autres organes, et surtout aux conditions inorganiques, que lorsque le principal organe ferait défaut dans les subdivisions plus spéciales, et en employant les autres caractères suivant leur animalité décroissante. Quelle que soit la part que plusieurs autres zoologistes aient pu prendre par leurs travaux à la formation de cette théorie, c'est à M. de Blainville qu'est due spécialement son homogénéité rationnelle. C'est donc d'après sa classification que nous allons apprécier l'application de la méthode naturelle à la construction directe de la vraie hiérarchie animale.

La plus heureuse innovation qui distingue ce système zoologique, consiste dans la haute importance taxonomique qu'il attribue à la forme générale de l'enveloppe animale, jusqu'alors négligée par les naturalistes, et qui fournit le principe de la première délinéation rationnelle, puisque la symétrie

est le caractère le plus simple et le plus universel de Forganisme animal. Il semble qu'un tel système présente une sorte de paradoxe, en ce qu'il admet l'existence d'animaux non symétriques. Ce sont précisément, il est vrai, ceux chez lesquels on n'a encore aperçu aucune trace appréciable de système nerveux, ce qui sauve le principe, ou du moins recule la difficulté. Quoi qu'il en soit, la notion fondamentale de ce dernier mode ne me paraît pas encore convenablement analysée, et il doit être réservé à un examen ultérieur. On ne sera point surpris de celte imperfection, si l'on considère combien étaient erronées, il y a deux générations à peine, les conceptions relatives à des animaux bien supérieurs. Tordre entier des radiaires, une partie des mollusques, et même les derniers articulés. Le règne animal ainsi réduit, il faut distinguer deux sortes de symétries: la plus parfaite est relative à un plan, et l'autre à un point, ou plutôt à un axe. De là résulte la classification des animaux en pairs et en rayonnes. On ne saurait trop admirer l'exactitude avec laquelle un attribut, en apparence aussi peu important, correspond à l'ensemble des plus hautes comparaisons biologiques, qui viennent toutes converger vers cette simple et lumineuse distinction. Néanmoins, sa prépondérance reste jusqu'ici empirique et laisse encore à désirer une explication nette et rationnelle, à la fois physiologique et anatomique, de l'extrême infériorité nécessaire des animaux rayonnes envers les animaux pairs, qui, parleur nature, doivent être plus rapprochés de l'homme, unité fondamentale de la zoologie.

Passant aux animaux pairs ou artiozoaires, il faut diviser leur ordre d'après la consistance de l'enveloppe, suivant qu'elle est dure ou molle, et, par conséquent, plus ou moins propre à la locomotion. C'est le prolongement de la dernière considération, puisque la symétrie doit être plus prononcée dans le cas d'une enveloppe dure que dans celui d'une enveloppe molle. Les deux grands attributs de l'animalité, la locomotion et la sensation, établissent entre ces deux cas des différences profondes et incontestables, à la fois anatomiques et physiologiques, qu'on peut aisément rattacher rationnellement à cette distinction primitive, et qui concourent à

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présenter les animaux inarticulés comme nécessairement inférieurs aux articulés.

Les animaux articulés doivent ensuite être distingués en deux grandes classes, suivant qu'ils sont articulés sous l'enveloppe par un squelette osseux, ou cartilagineux chez les derniers d'entre ces animaux ; ou que l'articulation est extérieure, parla consolidation de certaines parties cornées de l'enveloppe! alternant avec des parties molles. L'infériorité de cette dernière organisation, surtout quant aux fonctions les plus élevées, celles du système nerveux, est facile à voir. On remarque que le développement plus imparfait de ce système éminemment animal, coïncide avec une différence fondamentale dans la position de sa partie centrale, qui est toujours supérieure au canal digestif chez les animaux vertébrés, et inférieure chez tous ceux à articulation extérieure.

La hiérarchie rationnelle des principaux organismes propres à la partie supérieure de la série animale est donc composée de trois grandes classes : les animaux vertébrés, les articulés extérieurement et les mollusques, ou, dans le langage scientifique, les ostéozoaires, les entomozoaires et les malacozoaires. Considérant, en dernier lieu, la division de la première de ces classes, je dois remarquer qne toutes les descriptions et les définitions primitives peuvent être rattachées à la considération de l'enveloppe. Il suffit ici d'envisager cette enveloppe sous un aspect secondaire, celui des productions inorganiques qui la séparent de son milieu. M. de Blainville a montré comment, à partir de l'homme, la dégradation animale manifestée graduellement chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et les poissons, se trouve fidèlement représentée par la considération d'une surface cutanée recouverte de poils, de plumes, d'écaillés, ou bien dénudée. La même prééminence de l'enveloppe n'est pas moins prononcée dans l'ordre suivant, où la dégradation est mesurée par le nombre croissant de paires d'appendices locomoteurs, depuis les hexapodes jusqu'aux myriapodes, et même jusqu'aux apodes, qui sont à l'extrémité la plus inférieure.

Il serait contraire à l'esprit de cet ouvrage d'entrer plus avant dans la description de la hiérarchie animale. Mon but, en donnant les détails ci-dessus, a été de fixer l'attention du'

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lecteur sur ma recommandation préalable d'étudier la coordination actuelle du règne animal comme une indispensable explication concrète des conceptions abstraites que j'avais d'abord exposées relativement au génie de la méthode naturelle. Nous laisserons à l'écart toute spéculation et toute étude ' appartenant à la philosophie zoologique, et nous nous bornerons à constater qu'il reste à considérer une partie du système fondamental, dont les principes généraux ne sont jusqu'ici que vaguement aperçus : j'entends parler de la distribution rationnelle des espèces de chaque genre naturel. Il eut été inopportun déconsidérer plus tôt cette application extrême et délicate de la théorie taxonomique, mais il convient de s'en occuper maintenant .

Quant au règne végétal, nous devons voir que la méthode naturelle ne saurait y comporter une perfection comparable à celle dont le règne animal est susceptible, même dans ses degrés les plus inférieurs. Les familles peuvent y être regardées comme établies, quoique par une voie empirique; mais leur coordination naturelle demeure presque entièrement arbitraire, faute d'un principe hiérarchique qui les subordonne rationnellement les unes aux autres. La notion d'animalité admet une succession de degrés profondément tranchés, susceptible de fournir la base d'une vraie hiérarchie animale. Il n'en saurait être ainsi, au contraire, pour la végétabilité. Celle-ci n'est pas toujours également intense; mais elle est par sa nature, chez tous les êtres, essentiellement homogène : il n'y a jamais qu'une assimilation et une désassimilation continues, aboutissant à une reproduction nécessaire. Les seules différences d'intensité en de tels phénomènes ne sauraient constituer une véritable échelle végétale analogue à l'échelle animale, d'autant plus que ces divers degrés tiennent au moins autant à l'influence prépondérante des circonstances extérieures qu'à l'organisation caractéristique de chaque végétal. Ainsi, la comparaison hiérarchique n'aurait ici aucune base rationnelle suffisante. Je dois signaler un second obstacle qui, sans être aussi important que le premier, est assez sérieux. Il consiste en ce que chaque végétal constitue presque toujours une agglomération d'êtres distincts et indépendants. Dans la structure composée des ordres animaux les plus infé-

PHILOSOPHIE BIOTAXIQUE. 481

rieurs, une définition scientifique est encore possible. Il y a une base vitale commune à toutes les structures animales,indépendantes les unes des autres; mais dans le règne végétal, il n'yaqu'une simple agglomération que nous pouvons même souvent produire par la greffe, et les seuls éléments communs sont des parties inorganiques fournissant un moyen de consolidation mécanique. On ne saurait dire, dans l'étal actuel de nos connaissances, jusqu'où peut s'étendre un tel svstème, sans être . limité par une condition organique, puisqu'il semble dépendre de conditions purement physiques et chimiques, combinées avec l'influence des circonstances extérieures. La diversité organique fondamentale étant par sa nature si faiblement prononcée, on conçoit aisément combien toute subordination rationnelle des familles végétales en une hiérarchie commune se trouve entravée.

La division principale qui sert de point de dépari à la classification de M. Jussieu constitue la seule ébauche d'une vraie coordination du règne végétal. Elle consiste à distinguer les végétaux suivant l'existence- ou l'absence des feuilles séminales; et, quand elles existent, selon qu'ils en possèdent plusieurs ou une seule; car le passage successif de ceux qui en ont plusieurs à ceux qui n'en ont pas peut être regardé comme une dégradation analogue à celle de la série zoologique, quoique moins prononcée. Cette vue a été vérifiée p^ar l'examen des organes de la nutrition, d'après la découverte de Desfontaines, seul exemple capital jusqu'ici d'une large vi heureuse application de l'anatomie comparée à l'organisme végétal. Par un tel concours des deux modes de comparaison cette proposition a pris rang parmi les plus éminents théorèmes de la philosophie naturelle. Mais ce commencement de hiérarchie reste évidemment insuffisant, puisque les nombreuses familles qui composent chacune de ces Irois sections principales demeurent disposées suivant un ordre purement arbitraire, que l'on a peu d'espoir de convenir en ordre rationnel. La distribution intérieure des espèces et même des genres, dans chaque famille, doit être radicalement imparfaite, puisque les principes taXonomiques dont elle dépend ne peuvent être appliqués à leur arrangement tant qu'on n'a pas surmonté la difficulté, beaucoup moindre et néanmoins jns-

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qu'ici invincible, de la coordination des familles. La méthode naturelle n'offre donc aujourd'hui d'autre résultat, relativement au règne végétal, que le seul établissement plus ou moins empirique des familles et des genres. Il ne faut pas oublier que cette méthode ne constitue pas simplement un moyen de classification, mais un important système de connaissances réelles sur les vraies relations des êtres existants, en sorte que, même si la botanique descriptive devait renoncer à l'employer, elle n'en serait pas moins très précieuse pour l'étude des plantes, dont les résultats comparatifs se trouvent par elle fixés et combinés. Dans l'état présent de la science, et eu égard à notre peu d'espoir d'y établir jamais une vraie hiérarchie, nous devons concevoir collectivement le règne végétal comme le dernier terme de la grande série biologique, et la classification comme le principal instrument logique de la science des corps vivants. Appliquée d'abord au règne végétal, la méthode naturelle a été enfin conçue comme destinée au perfectionnement du règne animal, vrai type de toutes nos connaissances de la vie organique., Telle est l'unique source où l'on doit constamment étudier la théorie des classifications naturelles, à quelque ordre de phénomènes qu'on se propose ensuite de l'appliquer. C'est sous ce point de vue spécial que la science biologique devait, par sa nature, prendre une part si importante au perfectionnement de l'ensemble de la méthode positive, dont celte théorie constitue un indispensable élément, qui n'aurait pu se développer par une autre voie, ni même être autrement appréciée.

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