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tout à fait nouvelle par rémancipalion des travailleurs, d'eu surgit robligation générale d'épargner les forces humaines en utilisant les divers agents, soit animés, soit inorganiques. On peut signaler en preuve l'invention des moulins à eau, des moulins à vent, et d'autres machines dont nous sommes trop disposés à oublier Torigine. L'esclavage, encore plus que Tigno- •rance, a empêché chez les anciens Tusage des machines, dont la nécessité ne devait pas être sentie tant qu ou pouvait disposer d'une provision presque indéfinie de force musculaire. Quand l'emploi des machines eut commencé, la sagesse du système catholique contint le découragement théologiqne, qui doit défendre toute grande modification industrielle du monde extérieur, comme un attentat sacrilège à l'optimisme providentiel qui avait remplacé le fatalisme polythéique.
Ce rapide aperçu suffit à laver de Finjusle accusation de barbarie et d'obscurité cette mémorable époque illustrée par saint Thomas d'Aquin, Albert le Grand, Roger Bacon, Dante, etc. Pour terminer mon analyse, il ne me reste qu'à montrer le principe de Tirrcvocable décadence de ce système transitoire, dont la grande destination consistait à préparer simultanément l'heureuse décomposition graduelle de Tétat théologique et militaire et l'essor des éléments de Tordre nouveau .
Sous quelque aspect que Ton considère l'organisation propre au moyen âge, sa nature provisoire ressort avec évidence du fait que les développements mêmes qu'il a encouragés ont été les premières causes de sa chute. Dans Tordre spirituel, la concentration de la divinité en un seul être avait réalisé la dernière modification possible, puisque la réduction ne pouvait être poussée plus loin sans dénaturer complètement la philosophie théologique et lui faire perdre son ascendant social; tandis que, d'un autre côté, le développement plus rapide et plus étendu de l'esprit positif, non seulement chez les hommes éclairés, mais parmi la masse des peuples civilisés, ne pouvait manquer de déterminer de telles modifications. Nous avons vu que l'existence du système catholique dépendait de nombreuses conditions, et que l'absence d'une seule devait entraîner la chute de tout l'édifice ; et, en même temps, j'ai établi la nature précaire de la plupart de ces conditions. Ainsi que je l'ai expliqué, ce système n'était pas hos-
tile au progrès intellectuel, mais il n'a jamais pu se l'incorporer réellement. Son essora eu lieu sous la tutelle du catholicisme, mais il s'est dégagé de cette protection provisoire aussitôt qu'elle eut rempli son office. La grande destination intellectuelle du catholicisme a été de préparer, sous le régime théologique, les éléments du régime positif. De même dans Tordre moral, en constituant une doctrine morale, il a fourni à tous les individus un principe fondamental d'appréciation sociale des actes, et favorisé ainsi Texercice de la raison humaine; en sorte que l'influence théologique, d'abord indispensable à cet égard, devait peu à peu devenir inutile, et même antipathique, à cause des graves atteintes, dès lors de plus en plus senties, que les principales conditions d'existence du système catholique devaient porter aux plus nobles sentiments de notre nature, à ceux-là mêmes qu'il s'était si heureusement efl'orcé de faire prévaloir.
Afin de mieux préciser le principe de la décadence, il faut reconnaître qu'il était antérieur au système lui-même; car nous le trouvons dans la grande division que nous avons déjà considérée entre la philosophie naturelle et la philosophie morale, relatives Tune au monde inorganique, Tautre à Thommc moral et social. Cette division, proposée par les philosophes grecs, un peu avant la fondation du musée d'Alexandrie, où elle fut ouvertement consacrée, a été la première condition logique de tous les progrès ultérieurs, en permettant l'essor indépendant de la philosophie inorganique, alors à l'état métaphysique, et dont les spéculations plus simples devaient être plus rapidement perfectibles, sans nuire à Topération sociale de la philosophie morale, qui, resiée à Tétat théologique^ devait bien moins s'occuper du perfectionnement abstrait de ses doctrines qu'à réaliser l'aptitude des conceptions théologiques à civiliser le genre humain. Une rivalité s'étendant des doctrines aux personnes se manifesta entre Tesprit métaphysique, investi du domaine scientifique, et Tesprit Ihéologique, • arbitre du monde moral; et ce fut Tascendant social de l.i philosophie morale qui comprima les tentatives de progrès intellectuel de la philosophie naturelle, et qui détermina la première cause du ralentissement scientifique que j'ai ci-dessus exph'qué. Nous avons un exemple de ce conflit dans les efforts
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d'un esprit aussi éminent et aussi cultivé que saint Augustin, pourcombaltrelesraisonnemenlsmathématiques,déjàvulgaires
parmi ceux qui se livraient à l'étude de la philosophie naturelle d-après lesquels les astronomes d'Alexandrie prouvaient la sphéricité de la terre et l'existence nécessaire des antipodes On vit alors l'un des plus illustres fondateurs de la philosophie catholique soulever des objections si puériles, que les entendements les plus arriérés daigneraient à peine s y arrêter aujourd'hui. En rapprochant ce cas décisif de celui que j ai sicnalé des aberrations astronomiques d'Epicure, nous verrons^ combien était complète cette séparation, très voisine de l'antipathie, entre la philosophie naturelle et la philosophie
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Uesprit métaphysique qui opéra la transilion du fétichisme au polythéisme, et plus lard du polythéisme au monothéisme, ne pouvait se départir de son office modificateur au moment où il avait acquis le plus d'étendue et d intensité. Comme il n'y avait plus rien au delà du monothéisme, a moins de sortir de l'état théologique, ce qui était alors impraticable, l'action métaphysique devint de plus en plus dissolvante ; ses propagateurs étant à leur insu employés à ruiner, par leurs analyses antisociales, les conditions mêmes d'existence du ré^^ime monolhéique. Plus le catholicisme a seconde le mouvement intellectuel, plus vite la décomposition s'est opérée, parce que chaque] progrès intellectuel, scientifique ou autre, tournait à l'avantage de l'esprit métaphysique, qui paraissait le diriger L'antagonisme dut certainement attemdre le catholicisme aussitôt qu'il eut rempli les conditions sociales qm étaient son office propre, et que l'importance des conditions intellectuelles devint Jprépondérante pour le développement de révolution humaine. Ainsi, la cause générale de la dissolution mentale du catholicisme a consisté dans son incapacité a smcorporer le mouvement intellectuel, par lequel il s'est trouve ► „écessairement:|devancé ; et dès lors, le seul moyen qui lui restât de maintenir son empire était de changer son caractère progressif pour prendre le caractère stationnaire ou même rétrograde, qui le distingue si tristement aujourd'hui. On pourrait croire, d'après un examen superficiel, que cette décadence mentale pouvait se concilier avec une prolongation
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indéfinie de la prépondérance morale à laquelle le catholicisuie paraît avoir des droits, en vertu de l'excellence de sa propre morale, dont les préceptes seront respectés de tous les vrais philosophes, malgré l'entraînement passager de nos anarchiques aberrations. Mais il est philosophiquement vrai que l'influence morale est inséparable de la supériorité intellectuelle car il n'est pas naturel que les hommes accordent habituellement, dans les plus chers intérêts de leur vie, leur principale confiance à des esprits dont ils ne font pas assez de cas pour les consulter sur les plus simples questions spéculatives. Le catholicisme était autrefois l'organe de la morale universelle et nous acceptons cette morale comme un précieux patrimoine, sans nous préoccuper du sort réservé à la philosophie qui lui servait de base. Quoique la raison humaine ait fait d'heureux emprunts, à Tastrologie par exemple, ainsi qu'à l'alchimie, elle n'a pu se croire liée irrévocablement à leur sort, et elle n'a conservé de ces prétendues sciences que leurs résultats importants ; or il en sera de même pour les progrès moraux ou politiques réalisés par la philosophie théologique, qui ne sauraient périr avec elle, pourvu toutefois que Ton s'attache à les incorporer à une nouvelle organisation spirituelle, sous la direction de la philosophie positive, comme je l'expliquerai plus tard.
La décadence temporelle du régime propre au moyen âge provient d'une cause si évidente qu'elle n'exige pas d'explications très étendues. Sous quelque aspect qu'on envisage le régime féodal, dont les trois caractères généraux ont été établis^ sa nature provisoire se manifeste de la manière la plus prononcée. Son organisation défensive ne pouvait conserver d^im« portance que jusqu'à ce que les envahisseurs lussent contenus, par la transition finale des barbares à la vie agricole et séden* taire, dans leurs propres contrées ; et, pour les cas les plus favorables, par leur conversion au catholicisme. A mesure que ce grand résultat était réalisé, l'activité militaire devenait de plus en plus exceptionnelle, et la vie industrielle acquérait une extension et une intensité toujours croissantes. La décomposi* tion du pouvoir temporel en souverainetés partielles, qui constituait le second caractère de Tordre féodal, était également provisoire et destinée à faire place à une nouvelle centralisa-»
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,W.n vers laqneUe tout devait tendre, ainsi que nous le vérins Stl^Quant au dernier trait earac-éris..^^^^^^^^^^^^^ formation de l'esclavage en servage, il est incontestable que andisque l'esclavage était susceptible de durer longtem s. ous des conditions convenables, le servage "« PO"'»" f/* «u'une situation passagère promptemont mod.ùee par l e - Missëmenrdes cLmunes industrielles, eln-ayant pas d autre
s"' que de conduire graduellement les travailleurs IVnlière émancipation personnelle. Amsi, il en a ete (te mTm pour la féîdali.é qu'à l'égard du catholicisme : mieux "eremp^^sait son office, plus elle accélérait sa propre deso-
! nisatTon. Toutefois, les circonstances extérieures qui d a 1- L tétaient nullement accidentelles, ont prolonge tr né^alemen chez les diverses nations européennes la durée d-untTsv me. dont la prépondérance politique a dû persise 1 vanïage. aux diverses fron.ières de la civilisation cahoico-féodalc, c'est-à-dire en Pologne, eu Hongrie, e C, quan :: Ilsioi'is .artares et Scandinaves ; et même a cer a égards en Espagne et dans les grandes îles de la Med.terra nfe sur out en Sicile, pour les envahissements arabes: d.sine'tion rès utile à noter ici dans son germe et qui trouv r , en poursuivant notre analyse, une intéressante application C ttr ourte explication nous aidera * déterminer la c a destinée à diriger la décomposition du régime feo. Ben que l'avènement de la classe industrielle constituât 1 issue d une eSable progression, elle ne pouvait s;acc.mplir par son intervention, à cause de sa situation subalterne, et en outre parce qu'eu était suffisamment occupée de son propre esso intérieur. L'opération fut laite par les légistes qui s élevaient a rë à mesure que diminuait l'aclivilé mihtaire.De même n e smétaphysiciëns. ils ont eu un office provisoire, et e Ts en philosophie, de même que les autres en politique, ont Uué desimpies modifications critiques, sans pouvoir jamais
"TaTéÎëxion qui se présente naturellement à la fin de notre examen historique du régime monothéique est que le temps Immense qu'à exigé sa lente élaboration est hors de toute proportion avec la courte durée de sa prépondérance sociale ; son développement ayant rempli dix siècles, tandis qu .1 ne
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s'est maintenu à la tête du système européen que deux siècles seulement, depuis Grégoire VII, qui Ta complété, jusqu'à Boniface VIII, sous lequel son déclin politique a sensiblement commencé, les cinq siècles suivants n'ayant offert qu'une sorte d'agonie chronique de moins en moins active. La seule solution possible de ce grand problème historique consiste à concevoir que ce qui devait périr dun^ le catholicisme c'était la doctrine, et non l'organisation, qui n'a été passagèrement ruinée que par suite de son adhérence à la philosophie théologique ; tandis que sa constitution, convenablement reconstruite sur des bases à la fois plus étendues et plus stables, devra présider à la réorganisation spirituelle des sociétés modernes, sauf les différences que doit occasionner la diversité des doctrines. C'est ce qu'on est forcé d'admettre, à moins de supposer, ce qui serait contradictoire à Tensemble des lois de notre nature, que les immenses efforts de tant de grands hommes, secondés par la persévérante sollicitude des nations civilisées dans la fondation séculaire de ce chef-d'œuvre de la sagesse humaine, doivent être irrévocablement perdus pour l'élite de l'humanité, sauf dans leurs résultats provisoires. Cette explication générale, motivée par les considérations propres à ce chapitre, sera confirmée par tout le reste de notre analyse, dont elle constituera la principale conclusion politique.
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