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soutenir que le principe formel du bonlieur n'en saurait créer la malière, qu'il n'enferme pas en lui de mobiles pratiques d'action '. Mais on ne saurait non plus composer le bonheur de la somme des plaisirs sensibles : car il manquerail toujours ce qui est capal)le de les unir entre eux et de les rattachera l'action du sujet. En ce sens même on peut dire que le bonheur n'est rien de senti, qu'il est quelque chose de conçu " ; il est plutôt dans la forme intellectuelle d'unité que dans la matière sensible. D'autre part, il se distingue profondément de cesplaisirs qui dépendent delà satisfaction apportée par le hasarda des besoins toujours exigeants, de ces plaisirs mal assurés par la contingence des circonstances favorables et par la brièveté de la vie ; il est une ^ disposition développée parla raison, qui se prive sans peine des causes extérieures de jouissance, qui peut, sans en être atteinte, supporter tous les maux et les tourner même à son profit, au regard de laquelle la mort est un état passif, incapable d'en diminuer la valeur interne'. Il est, en d'autres termes, le fonds cpii ne doit pas manquer pour que Ion puisse s'éprouver véritablement heureux, hors de ces accidents de la fortune qui ne donnent du boidienr que l'apparence *. Car au-dessus du bonheur apparent il y a le boidieur réel ; le bonheur réel est délhii par des catégories morales, Ces catégories, au lieu de porter sur des objets particuliers, comprennent les objets de la vie et du monde dans leur ensemble ; elles en établissent l'unité, qui est lunité d'un bonheur empirique possible ; elles représentent donc moins un bien réel que cette forme de la liberté qui convertit les données empiriques en vrais biens ou biens objectifs. Ainsi, par la moralité, Ihomme non seulement se rend digne d'être heureux, mais il se rend capable de produire son bonheur ainsi que le bonheur d'autrui, sans que cet eflet de sa vertu