‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 103 sur 345 · P. II · texte numérisé non relu

P. II

LA PHILOSOPHIE PRATIQUE DE K \?iT

quer le mal qu'il y a dans le mensonge, sinon l'opposition qu'il fait à Taceord de la liberté avec elle-même sous des lois rationnelles \ Le principe moral, c'est l'idée d'une volonté universelle et des conditions qui la rendent possible, et cette idée hypostasiée est le souverain bien, source suffisante de tout bonlieur".

Il semble que ce fragment transpose dans l'ordre de la déduction transcendantale les remarques d'un caractère empirique et psychologique que nous avons relevées dans les Leçons sur Id Mél(ip/iysir^iie,Q[ iVi\pvhs\es([uc\\es> « ce qui est d'accord avec la liberté est d accord avec la vie tout entière, et ce qui est d'accord avec la vie tout entière cause du plaisir '. » Le but de Kant, c'est alors, étant admis que la liberté gouvernée par une loi universelle est la forme de la moralité, de trouver une matière à cette forme. Or il ne croit pouvoir trouver celle matière que dans des états de sensibilité, donnés à leur façon comme le sont les impressions sensibles dans rexpérience ; el, le besoin de symétrie aidant, c'est au niveau de rentendement, non delà raison, qu'il établit le principe moral. C'est par là, et non pas à coup sur par un eudémonisme dont les traces subsistent dans la Crifirjiic et ne s'elTaceiont jamais complèlemenl, (pie le fragment peut être considéré comme antérieur à 1781. Certes il faudra encore un temps à partir de 1781 pour que Kant arrive à la conception d'une liberté qui soit à ellemême sa lin et se fournisse à elle-même son contenu, d'une volonté autonome ; mais la CvUique de la liaison pure, en admettant la causalité praticpie des idées par ellesmêmes, alTranchissait déjà la liberté de toute relation directe à une matière étrangère : c'est à la hauteur des affirmations positives réservées par la Dialeclifjae qu'elle éle-

Page 1