‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 104 sur 345 · I. P. i3-iA · texte numérisé non relu

I. P. i3-iA

3. A . dans les « htse Bldlter » un antre fragment, qui est comme intermédiaire entre le sens de celui-ci el les vues analogues des Leçons sur ta MétU' physique. E, Oi. II, p. 223-324.

LES |':LÉME>TS Dl PIIOCÎIAIN SYSTEME MORAL

ait définitivement le principe de la moralité. Elle mettait ainsi hors du système la théorie que Kant avait esquissée

dans ce fragment.

Actuellement il n'est pas d'autres sources auxquelles on puisse se reporter avec quelque confiance pour achever de se représenter ce qu'a pu être la pensée de Kant sur les problèmes pratiques avant 1781 ^ Nous possédons toutefois des éléments considérables du futur système moral, et voici ce que nous en savons : ce système doit être fondé sur la raison : la raison a un double usage, un usage théorique et un usage pratique : raffirination suprême à laquelle la conduit son usage théorique, l'affirmation de l'existence de

2. Sur la foi de Benno Erdmann, Hegler {Die Psychologie ii Etluli, [). 320-324) a utilise pour la période antérieure à la Critique

in Kants ique la Menschen/mndeoder Philosop/nsche .inthropologie publiée par Slarkc en i83i d'après dos leçons manuscrites de Kant. Benno Erdmann s'était appuyé sur celte phrase (p. Oo), que « l'entendement représente les choses, non pas comme nous en sommes alléctés, mais comme elles sont en elles-mêmes » pour soutenir rpie ces leçons d'Anthropologie dataient d'un temps où Kant n'avait pas encore rompu avec le dogmatisme de la Dissertation de 1770, très vraisemhlahlcmenldc 1773 1774. lie/texiont^n Kants, l, p. 58. Cependant Benno Erdmann eut pu reinanpior contre sa thèse, d'abord que pour la Critique même

celles de la Critique (p. 39-4 1, p. 208). Mais il y a plus : certains indices externes ont été relevés, d'abord par Menzcr (Der EntKvichlungsgang der liuntischen Ethik, Kantstudien, lit, p. (3r)-()8) puis par Otto Schlapp {Die An fange von Kants Kritih des (ieschmacks und des Génies, p. 8-12, i8()C), première partie de l'ouvrage précédemment cité) qui rendent complètement inadmissible la date proposée par Benno Erdmann. Enfin Otto Schlapp a eu sous les yeux une rédaction des Leçons d'Anthropologie de Kant par Ghr. l'>. l^ulllich, f(ui est très voisine du texte de Starke et qui porte la date de décembre 1784. Malgré ((uel(|ues motifs de doute, c'est à cette date de 1784 que conclut finalement Olto Schlapp; c'était celle qu'avait adoptée, pour des raisons internes, Paul Menzer. Elle est en elFet très vraisemblable. L'Anthropologie de Starke contient des indications et des développements qui se retrouvent dans les écrits publiés par Kant en 1784 -1785 ; p. ex., sur la façon de concilier le droit et le devoir de raisonner en public avec l'obéissance à l'Etat (p. 2i5, p. 217) sur la nécessité d'émanciper la raison de toute tutelle extérieure (p. 208), des idées qui seront reproduites dans Was ist Aufklà-

LA PIIILOSOriIlE PIWTIQl E DE KA>T

Dieu, est nécessaire pour qu'elle ne se. contredise pas ; mais comme cette alFnination n'est accompagnée d'aucune intuition intellectuelle cpii en saisisse directement l'objet, comme elle ne peut atteindre par pur développement de concepts l'existence qui est, non un prédicat, mais une absolue position, comme enfin elle est une hypothèse pour la raison, non l'expression à an objet eu soi, elle doit être appelée une croyance, — croyance légitime et nécessaire à coup sur, mais enfin croyance. Dès lors, puisque même théoriquement une place doit être faite à la croyance rationnelle, le rôle qui lui revient au point de vue pratique peut être considérable sans surprendre. L'idée d une croyance rationnelle exprime bien cpi'il y a des exigences et des intérêts de la raison, qui réclament leur satisfaction autrement que par des démonstrations rigoureuses, et qui créent des adhésions là où la certitude proprement dite manque. Il y a donc un ordre de la pratique, qui vaut par des expériences ou des convictions immédiates, — expérience de la liberté, conviction de l'immortalité et de l'existence de Dieu, — dont d'ailleurs la raison théorique épure et développe le concept, mais sans pouvoir lenr conférer ni réalité directe, ni elTicacité. C'est ainsi que Kant n'arrive pas encore à concevoir que la liberté transcendantale puisse être liée à des motifs d'action, ou comment elle peut l'être ; il ne paraît en élever l'idée au-dessus de toute relation et de toute condition que pour le besoin purement spéculatif de la saisir dans sa (( pureté » ; ses recherches ou ses tentatives hésitantes pour la déterminer

LA CRITIQLE DE LA RAISON PURE iS'J

plus positivement n'arrivent pas à surmonter le dualisme encore plus fort du transcendantal et du pratique. C'est à la liberté pratique que se rattache la loi morale, ou même que se rattachent les divers impératifs, nettement distingués à nouveau, mais sans que cette distinction, plus logique encore que réelle, s'identifie à la distinction des deux mondes. Bien des idées sont donc prêtes pour le système; c'est le système qui manque.

rufif^; sur l'impossibillli' de constituer rationnellement un concept du bonheur total (p. 2r)3), une critique qui reparaîtra dans la (iruudleguii^ \ sur le proîjrès de l'humanité vers une constitution juridique universelle, des considérations qui trouveront place dans V Idée za eiiiei- allgeincinoii (Hescliic/ile. llcgier avait surtout si^rnalé comme préparant la doctrine critique (mais elles en sont, d'après ce que nous venons de dire, contemporaines) les propositions de VAnthtopologie qui veulent que l'action morale repose, non sur des sentiments, mais sur des principes (p. 92, p. 21 3, p. 276, p. 347, P- ^^O) et qui distinguent profondément entre ce que l'homme est par sa nature et ce qu'il doit se faire lui-même par sa liberté (p. 349).

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