III, p, 21^, noie; p. 9i5; p
6. « Cet objet transcendantal ne se laisse en aucune façon séparer des données sensibles, parce qu'alors il ne resterait rien pour le faire concevoir ». III, 217, note.
•^oo
l..\ PIIÎTOSOPTTTE PRXTTOIF DF KWT
L\ rRTTTOlE DE T. \ RMSOX PIRE
^Oï
rexpérience, l'afTlrniation de la chose en soi, et qu'à ceftc aiTirmalion, dont par lui seul il ne devrait subir pas plus qu'il ne pourrait justifier la nécessité, il ajoute simplement l'attribut corrélatif à sa fonction, robjectivité intelliirible. En d'autres termes, si la sensibilité navaitpas du supposer la chose en soi, l'entendement ne l'eut pas supposée, et il eut pu tenu- l'objet transcendantal pour une simple projection de ses tendances; mais, parce que les choses en soi sont par ailleurs posées comme existantes, il s'appuie sur elles pour achever d'alTranchir la connaissance de la subjectivité de la conscience empirique.
Dès lors, le problème est de définir de quelle faculté relève, non plus indirectement par une sorte de contrainte extérieure ou d'acceptation à demi passive, mais dinn^ement et par un acte spontané, rallirmaliondeschoses en soi. (^ est là un problème nécessaire à poser, alors même qu'il serait impossible à résoudre. Admettons qu'il soit résolu. Les choses en soi seraient des objets saisis par une intuition, |)arce qu'il n'v a qu'une intuition qui puisse nous donner la connaissance d'une existence, et par une intuition de la raison, pmsqiie par définition les choses en soi ne peuvent être données dans une représentation sensible : ce seraient do^nof mènes'. Mais cette intuition intellectuelle qu'il nous
I. Rielil soutient quo le noutnènc et la chose en soi ne sont pas identiques que le iioumène est une détermination plus particulière de la chose en soi' une détermination, à ses yeux, purement imaginaire, il insiste sur la réalité et la legilnnite de l'airirmation de la chose en soi dans le kantisme, au point de prétendre que la cliose en soi, comme ohjet indépendant de la conscience est le prmcq^e réel de l'unité des phénomènes, dont la conscience ne fournit que la forme idéale, kant aurait eu le tort de convertir, en vue de la morale le fondement <lu sensihle en un fondement du supra-sensihie et de prendre au sérieux, quand il parle d'un autre mode d'intuition que le nôtre, un simple jeu de possibilités. Dr, philosopinsche Knticismus, I, p. 38 >. p. '423-^138 — La distinction de la chose en soi et du noumène peut en effet se justifier mais par ceci seulement, que l'idée du noumène intervient quand il s'agit de marquer plus précisément le caractèie intelligible de la chose en soi, indépendamment de cette contrainte qui nous la fait supposer comme cause de la diversité de nos sensations et de cette action purement formelle de lentendement qui projette en elle 1 objet transcendantal. D'une façon générale, Kiehl me parait avoir méconnu tout 1 idéalisme métaphysique impliqué dans le réalisme kantien de la chose en soi. - A l'extrémité opposée, Hermann Cohen résout le réalisme
faudrait pour unir indissolublement, dans un acte de savoir, la réalité et l'intelligibilité des choses en soi nous manque, et l'idée même de nouinènes, pour être possible et même nécessaire, n'en reste pas moins négative. Elle est possible, car il n'y a pas de contradiction à admettre un autre mode d'intuition que la sensibilité ; elle est nécessaire, car elle répond à la conscience de la nature subjective de l'intuition sensible, etelle empêche que lesdonnées en soientprises pour des choses en soi. Mais elle est négative, car non seulement nous n'avons pas le genre d'intuition qui en Téahserait lobjet pour la connaissance, mais aussi nous ne comprenons pas comment cette intuition peut se produire. Elle apparaît donc surtout comme un concept limitatif, destiné à restreindre les prétentions de la sensibilité ; seulement elle n'est telle que parce qu'en sa signification propre elle dépasse ce qu'elle doit Hmiter. Qu'est-ce à dire, sinon ([u'elle ne peut donner lieu à aucune solution théoriquement déterminée, mais qu'elle est la source de problèmes inévitables dont la position s'exprime par des actes propres (le la raison ?
Donc, tandis que dans la doctrine kantienne l'esprit persistant du rationalisiue métaphysique restitue, par delà le monde des phénomènes, le monde des choses en soi, la tendance proprement criticiste se manifeste surtout par la recherche des rapports que ce monde des choses en soi peut et doit avoir, autrement qu'au moyen d'une science iMq)ossible, avec les facultés humaines. Des choses en soi c|ui s'imposeraient du dehors à notre raison la convertiraient en une sorte de sensibilité : des choses en soi qui sciaient produites par notre raison ne seraient telles que
de la chose en soi en un pur idéalisme ; la chose en soi comme intérieur des èlres, c est ce que Kant a déclaré inconnaissable, et ce qui d'ailleurs est illusoire ; mais la chose en soi, en tant qu'elle existe, c'est l'idée. Kaiits Théorie (Ici- Jù'fa/iriing, ii^ éd., i885, p. 5oi-526 ; Kants Hei^rundung dev Ethik, 1877, p. 18-55. — Il se peut quo ce soit là l'une des directions ultérieures de la doctrine de kant, mais ce n'est pas la doctrine conforme à la Critique de In Uni son pure.
LA PIIirOSOPIlIE PRATIQUE DE K \\T
LA CRITIQUE DE LA RAISON PURE
par illusion, puisqu'elles resteraient relatives à la puissance qui les aurait engendrées. La difTiculté ne paraît pouvoir être levée que s'il y a des actes positifs et nécessaires de l'esprit réalisant d'eux-mêmes en quelque façon la signification inconditionnée qui appartient aux choses en soi sans cependant être convertis en objets réels pour une connaissance, ou encore déterminant dans le sens d'un usage pratique rexistence des choses en soi. Or il y a de tels actes, par lesquels s'achève régulièrement l'exercice de la raison, et ces actes sont, selon un terme renouvelé du Platonisme, les idées'. Mais comment établir que les idées sont conçues ajuste titre, non arbitrairement? Par un procédé analogue à celui qui a mis en évidence la dérivation légitime des catégories: les catégories, ce sont les formes logiques du jugement, mises en rapport avec la notion d'existence objective : les idées, ce sont les formes logiques du raisonnement, mises en rapport avec la notion d'existence absolue. Le propre du raisonnement, c'est en effet de faire rentrer de proche en proche les lois les moins générales sous les lois les plus générales, de façon que la majeure initiale offre les caractères d'une complète universalité. Or à cette complète universalité correspond, dans la synthèse des intuitions, la totalité des conditions. Une idée, ce sera donc ce qui représente la totalité des conditions d'un conditionné. Mais comme il n'y que l'inconditionné qui rende possible la totalité des conditions, et comme inversement la totalité des conditions doit elle-même être inconditionnée, une idée peut être définie : le concept de l'inconditionné, en tant qu'il contient un principe de synthèse pour le conditionné''. En un sens on peut dire que la raison ne produit aucun concept nouveau, en dehors des concepts de l'entendement : seulement elle affranchit ces derniers des restrictions de l'expérience : elle les étend au delà des données empiriques, tout