I.A CniTIQUE DE LA RAISON PL'RE
doit pourquoi l'objet transcendantal de notre intuition sensible cxle.-ne no donne que l'intuition dans l'espace et pas une autre : tout ce que l'on peut dire, c'est que pour un aulrc caractère empirique, il eût fallu un autre caractère intelligible .
Ainsi la solution du problème de la liberté transcendantalc se termine par une nouvelle formule de la conception .pu en a ete le point de départ, à savoir l'identité essentielle de nature entre les causes inconditionnées des phénomènes naturels et les causes libres des actions humaines. En dépit de la tendance que manifeste Kant à réclamer pour les Idées comme telles une verlu pratique efficace, l'idée de la liberté reste sous rempire de la chose en soi à laquelle elle emprunte certaines de ses plus importantes déterminationsavant d être le principe rationnel dont la signification immanente est déterminée par la pratique, elle est la chose en SOI vue sous l'aspect de sa cau.sahté réelle, quoique incompréhensible. Aussi est-ce justement que l'on a montré la métaphysique leibnizicnne contribuant encore à déterminer dans 1 esprit de Kant la pensée du monde intelhgible^ Les elres en soi, qui se déterminent d'eux-mêmes à être ce qu ils sont, sont bien voisins des monades de Leibniz conçus a la source éternelle de leur existence. Même il faut remarquer que sans l'inspiration rationaliste qui pénètre 1 albrmation des choses en soi, le rapport de l'idée à la chose ne pourrait que frapper l'idée d'impuissance ; c'estla secrète nihmte delidecet de la chose en soi, qui permet à lidée •le la liberté de se rapporter aux choses en soi, non seulement sans y perdre, mais plutôt pour y puiser d'une cerl'nne taçou sa causahté. Par là on peut dire que l'existence 1- III, p, 384385.
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LV PIITIOSOPHIE PRVTTQIE DE K ANT
de la liberté, au sens métapliysîqiie, est présupposée avec celle des choses en soi dans le système kantien. Mais la réalité de la liberté, selon les exigences de la conception, criticiste, n'est pas démontrée, au dire de Kant, par les considérations de la Dlalediqae : tout ce qui est établi c'est que la liberté est possible, au sens ou ci e n'est pas contradictoire en soi, ni avec le mécanisme de la nature : il n'est pas encore établi qu'elle est possible, au sens où il s'agirait d'une possibilité, non pas seulement lo-ique. mais réelle, fondée sur des principes synthétiques a priori. A plus forte raison n'est il pas légitime encore d'en poser la réalité : on a défini la forme sous laquelle elle est concevable, si par ailleurs il est prouvé qu'elle existe \
En nous autorisant à concevoir pour la série des phénomènes empiriques une condition intelligible, la solution de la troisième antinomie nous fournit déjà presque explicitement la solution de la quatrième. Seulement ici, la série des phénomènes empiriques, au lieu d'être une suite d intuitions, est représentée par un concept, le concept de chaiicrement, et la conclusion à lacpielle aboutit le partisan de fa thèse, ce n'est plus la causalité absolue, c'est l existence absolue de l'Être nécessaire. Or l'existence absolue de l'Klre nécessaire n'est contradictoire avec l'existence conditionnée des phénomènes changeants que si elle est conçue comme se confondant avec elle ou comme en étant une partie. Mais dès (ju'il est entendu que les phénomènes ne doivent pas être tenus pour des choses en soi, et qu ici encore la condition peut être hétérogène par rapport au conditfonné, nous pouvons admettre que la^ série des objets changeants a son fondement dans un Klre intelligible, hbre de toute condition empirique, raison de la possibilité de tous les phénomènes. Dégagée de toute prétention a constituer un savoir, la thèse se ramène à une maxime, sefon laquelle le principe qui fonde l'unité systématique de