III. p
/i. « Ces prol)l»>mos (la Hhorlo, l'immortalitr, Diou) ont à leur tour une tin
plus éloignée, savoir ce f/u il faut /uirr, si la volonté est libre, s'il y a un Dieu et une vie future. » III, p .>i<) 5. III, p. 532.
fin
proportion ? Ici la pensée de Kant paraît obéir à deux tendances différentes qui revêtiront dans ses œuvres ultérieures une forme plus exphcite. Elles se développent toutes les deux à partir de ce fait, que le monde sensible est incapable d'assurer la réalisation du souverain bien, et elles aboutissent toutes les deux à l'affirmation d'un monde intelligible, mais pour en interpréter diversement le rôle. D'une part, la moralité est conçue en principe comme la cause directe du bonheur dans une société d'êtres raisonnables dont les libres volontés s'accordent sous l'unité systématique des lois morales. Cette société, ou ce monde moral, est un monde intelligible, en ce que la conception en est dégagée de tous les obstacles que rencontre la moralité dans les inclinations sensibles ou dans la corruption de la nature humaine ; ce n'est à ce titre qu'une idée, non un objet d'intuition intellectuelle, mais une idée qui peut avoir une influence sur le monde sensible et le rendre autant que possible conforme à elle-même. Donc, dans ce monde intelligible, la liberté gouvernée par les lois morales produirait d'elle-même le bonheur ; chacun serait l'auteur de son bonheur propre, en même temps que de celui des autres. Mais ce système de la inorahté qui se récompense elle-même supposerait pour être réahsé que chacun lit ce quil doit : il laudrail que toutes les actions des êtres raisonnables fussent comme si elles émanaient d'une volonté suprême réglant les volontés particulières. Or comme l'obligation d'obéir à la loi morale reste entière pour chacun alors mêtne qu'elle serait violée par les autres, l'ordre juste des volontés qui assurerait l'accoi d de la vertu et du bonheur est constamment menacé et en fait constamment troublé; on ne peut définitivement espérer l'avènement du souverain bien qu'en posant comme cause de la nature une raison suprême qui la tournera à la satisfaction des lois morales \ Cette idée d'un monde intelligible comme société