‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 135 sur 345 · III, p · texte numérisé non relu

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L\ PIIILOSOIMIIE l'UVTIQLE DE K A>T

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des ctrcs raisonnables sera celle qui deviendra fondamentale dans le système de kanl; en passant à travers sa philosophie de l'histoire, elle perdra Vendémonisme qui y était allaché, en même temps qu'elle ramènera d'abord à une loi de nécessité rationnelle immanente, puis à une loi d'obligation, l'idée providentialiste, par laquelle se garantit

le règne des fms.

D'autre part, le rapport de la moralité au bonheur est conçu, hors delà constitution d'une société idéale des êtres raisonnabh^s, comme indirect : la moralité est capable de créer le droit au bonheur, non le bonheur qui lui serait proportionné. Les considérations de kant se réfèrent ici plus visiblement au sujet individuel, qui placé avec sa seule intention morale en lace du monde sensible, ne saurait en attendre une satisfaction selon ses mérites. Il laut donc admellre un autre monde ([ue le monde des phénomènes, c'est-à-dire un monde intelligible : et ce monde inlolhgible ne pouvant pas être donné ici-bas, il faut nous le représenter comme un monde futur pour nous, conséquence de notre conduite dans le monde actuel. Dieu est le principe de la liaison pratiquement nécessaire entre les deux éléments du souverain bien, qui ne sauraient être naturellement unis ' ; ici le monde intelligible, c'est avant tout la conception d'une autre vie, conqKMïsanl, grâce à la médiation d'un sage créateur, l'impuissance de la moralité à créer le bonheur dont elle est digne. (( Sans un Dieu et sans un monde actueUement invisible pour nous, mais que nous espérons, les magnifiques idées de la moralité peuvent bien être des objets d'assentiment et d'admiration, mais ce ne sont pas des mobiles d'intenlioii et d'exécution parce qu'elles ne remplissent pas toute la lin qui est assigmée naturellement a priori précisément par cette même raison à tout être raisonnal)le, et qui est nécessaire ' )). (( La raison

se volt forcée d'admettre un tel être (Dieu), ainsi que la vie dans un monde que nous devons concevoir comme futur, ou bien de considérer les lois morales comme de vaines chimères, puisque la conséquence nécessaire qu'elle-même rattache à ces lois devrait s'évanouir sans cette supposition. C'est pourquoi chacun regarde les lois morales comme des commandements, ce qu'elles ne pourraient être si elles n'unissaient a priori à leurs règles des suites appropriées et si par conséquent elles ne portaient en elles des promesses et des menaces. Mais c'est aussi ce qu'elles ne pourraient faire, si elles ne résidaient pas dans un Etre nécessaire comme dans le souverain bien qui peut seul rendre possible une telle unité en proportion \ » Cette autre conception d'un monde intelligible, en perdant ce qui l'érigé encore en principe ou en caution de la lo' morale, prendra place, non pas dans le système fondamental de lamorahté, mais dans le système des postulats.

Une théologie morale est donc au terme de l'effort tenté par la raison pour développer dans leurs conditions et dans leurs conséquences les faits et les nécessités pratiques, et elle se développe en termes très voisins de ceux qui l'avaient présentée comme une expression immanente de l'idéal de la raison pure. (( Lorsque du point de vue de I unité morale comme loi nécessaire du monde, nous pensons à la seule cause qui peut lui faire produire tout son effet et par suite lui donner aussi une force obligatoire pour nous, il ne doit y avoir qu'une volonté unique suprême qui comprend en soi tous ces lois. Car comment trouver en diverses volontés une parfaite unité de fins?^ » Or cette conception de l'unité morale du monde n'explique pas seulement l'ordre concordant des fins à réaliser par les volontés : elle exphque encore, parTextenslon qu'elle reçoit, la possibihté concrète de l'action morale au sein du monde donné. Elle conduit en effet à admettre une finahté univer-

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