Ibid
rieurement nous les reconnaissons obligatoires. Au surplus aucune théologie, moins celle-ci que toute autre, ne doit, sous peine de corrompre la sainteté de la loi morale, servir de prétexte à l'exaltation mystique et aux spéculations transcendantes \
Quel nom convient donc aux affirmations requises par la loi morale, qui définisse bien à la fois la conviction ferme dont elles sont l'objet et la signification exclusivement pratique qui leur est propre ^'> Ce qui les caractérise, c'est qu'elles reposent sur des preuves objectives insuffisantes et sur des motifs subjectifs suffisants. Elles sont plus qu'une opinion, moins qu'un savoir. Mais cette façon de les estimer est relative encore à la connaissance théorique et à son idéal de certitude dogmatique ; or c'est seulement leur insuffisance objective qui est théorique ; leur suffisance subjective est pratique : c'est le nom de foi ou de croyance qui leur convient.
La foi peut être plus ou moins ferme ; la pierre de touche ordinaire pour en mesurer la fermeté est le pari. Bien des gens affirment avec une assurance qui semble exclure toute crainte d'erreur. Un pari les embarrasse. A la rigueur, pour telle assertion, pourraient-ils risquer un ducat: si dix ducats étaient en jeu, ils soupçonneraient qu'ils peuvent se tromper. « Heprésentons-nous par la pensée que nous avons à parier le bonheur de toute la vie, alors notre jugement triomphant s'éclipse tout à fait, nous devenonsextrémement craintifs, et nous commençons à découvrir que notre foi ne va pas si loin \ »
La foi diffère, à un autre point de vue, selon le genre d activité pratique auquel elle est liée. S'agit-il simplement d habileté ? La foi qui sert de fondement à l'emploi réel de moyens pour certaines actions est contingente, en ce sens que la fin n'a rien de nécessaire. Une autre espèce de
T- Hl, j). 5^0.