‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 139 sur 345 · I.V IMllLOSOPHIi: l'KMIQLE DE KANT · texte numérisé non relu

I.V IMllLOSOPHIi: l'KMIQLE DE KANT

ment, qui ne saurait valoir exclusivement, ni pour le monde des clioses en soi où rien ne commence, ni pour le monde des phénomènes où rien n'est premier, vaut pour signifier la causalité de l'un par rapport à l'autre. Ln exemple permet d'éclaircir ce genre de causalité. Il y a en nous une faculté, la raison, dont l'exercice est lié à des prmcipes objectifs de détermination ; ces principes sont des idées pures, et leur puissance déterminante, ne relevant en rien de la nature sensible, n'exprime rien de ce qui est, mais ce qui doit être [das Sollen) : autrement dit, les idées de la raison fournissent des règles universelles, indépendantes de toute condition de temps. Dès lors, quand le sujet raisonnable agit par raison pure, ses actes peuvent être considérés comme absolument premiers, leur rapport au monde sensible n est pas un rapport de temps ; néamnolns ils se révèlent dans le monde sensible selon un ordre constant, eifet des maximes qu'ils ont adoptées. Si au contraire le sujet raisonnable n'agit pas par des principes rationnels, sa conduite reste soumise aux lois empiriques de la sensibilité, à l'enchaînement des causes et des ellets dans le temps, bien que sa raison en elle-même reste libre'. Ainsi les Prolcr/omètws tendent peut-être davantage à détacher la notion de la liberté de ce qui dans la chose en soi est essentiellement en soi, pour l'identifier au rapport de la chose en soi avec les phénomènes ; ils rapprochent aussi plus directement ce rapport du rapport des principes intelhgibles de détermination pratique à Tordre des penchants sensibles : d'où une réduction déjà marquée de la hberté Iranscendanlale à la forme de la liberté pratique rationnelle qui agit selon ce qui doit être, au lieu qu'elle soit le principe universel de toutes les actions, quelle qu'en soit la morahté. Les Prolétjomhies semblent donc moins placer les idées de la raison sous l'ombre des choses en soi, pour en expliquer le sens à la lumière des conditions immanentes de l'action.

Page 1