Vorlesungen iiber die Metaphysik, p
5. « Aucune créature ne peut d'aucune manitre saisir Dieu dans une intuition, elle peut le connaître seulement par le rapport cpi'il a au monde. Par conséquent nous ne pouvons pas connaître Dieu comme il eut, mais comme il se rapporte au monde en tant que princii)e de ce monde ; c'est ce qu'on appelle connaître Dieu par analogie... L'analogie est une proportion entre quatre termes dont trois sont connus et le quatrième inconnu... Nous disons donc: Le rapport (/ail y a entre les objets des choses et ce que nous nommons en nous entendement, cest le rapport même (/u'il y a entre tous les objets possibles et iinconnu en Dieu, que nous ne connaissons nullement eiqu\, loin d'être constitué comme notre enlcndemenl, est d'un tout autre genre », p 3io-3i I.
LES rilOI>EGOMENES
pii'iques, même pratiques \ Mais en même temps il justifiait une autre sorte d'anthropomorphisme, un anthropomorphisme, comme il disait, « plus subtil ». En effet Taffirmalion de Dieu, comme principe de l'unité systématique du monde, ne peut poser son objet qu'en idée : elle ne se laisse pas déterminer par les catégories puisque les catégories ne conviennent qu'aux phénomènes et requièrent, pour être appliquées, une intuition : mais elle peut se laisser schématiser par analogie avec des objets de l'expérience ; dire en ce sens que nous concevons Dieu comme une intelligence suprême, ce n'est pas dire qu'il est tel en soi, mais que nous devons nous le représenter comme tel par rapport au monde '\
Les Proie (jonièties confrontent directement les idées de Kant avec la critique de Hume. La raison conçoit Dieu comme l'Etre qui contient le principe de toute réalité. Mais veut-elle le penser par de purs concepts de l'entendement? Elle ne pense alors rien de déterminé. Selon la juste remarque de Hume, il faudrait ajouter aux prédicats ontologiques (éternité, omniprésence, toute-puissance) des propriétés qui définissent l'idée de Dieu in concreto. Or ces propriétés ne pourraient être qu'empruntées à l'expérience: elles seraient dès lors en contradiction avec l'idée à laquelle elles apporteraient un contenu. Si j'attribue à Dieu un entendement, sous quelle forme sera-ce .^ Je ne connais positivement qu'un entendement tel qu'est le nôtre, assujetti à recevoir les objets de l'intuition sensible avant de les soumettre aux règles de l'unité de conscience. Si je sépare l'entendement de la sensibilité pour obtenir un entendement pur, je n'ai plus qu'une forme de la pensée sans intuition, incapable par conséquent de saisir des objets ; car d'un entendement qui comme tel aurait une intuition immédiate des objets je n'ai aucune idée. De même, la volonté que je poserais en