‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 143 sur 345 · I. IV, p. loS-iof · texte numérisé non relu

I. IV, p. loS-iof

a. Cf. Benno Erdmann. Prolegomeaa, l'Jinleitu/ig, p. cvin.

LA PIlUOSOIMlli: PIIMIQIK l)i: KVNT

LES LEÇONS SLlt LA DOCTRINE DE LA RELIGION

peuvent nous Instruire positivement, servent du moins à détruire les affirmations du malévinlismc, du naturalisme et dnfalalisme. afTirmalions téméraires et qui rétrécissent le champ de la raison, par là à ouvrir un espace libre aux idées morales en dehors du domaine de la spéculation ; et voilà, ce me semble, ce qui expliquerait dans une certaine mesure cette disposition naturelle '. »

Kant ne semble donc pas avoir encore exactement déterminé le rapport des idées qui doivent constituer le système de la morale, ni clairement aperçu la conception qui organisera le système. On peut suivre la trace de ses hésitations et de ses recherches à celte époque dans ses Leçons sur la doctrine philosophinae de In Iklif/ion, qu'a publiées Politz ' ; c'est dans le semestre d'hiver de 1 783-1 784 que kant enseigna à part pour la première fois la théologie philosophique, devant un nombre étonnant d'auditeurs, selon ce que llamann écrivait à Ilerderle 9.2 octobre 1783 ' ; c'est à cette date que se rapportent, pour des raisons internes ^ et pour des raisons externes \ avec la plus grande vraisemblance les Leçons qui nous ont été conservées.

l' VorLsiin<,''en iiher die philosophhrhe UeU-ionslehre, !••« c'dilion, 181- • 3»^^ édition i83o. — Nos renvois se rôfèrent à la deuxième édition. 3.' Ed. Roth,' M, p. 354. — Cf. Em. Arnoldt, KrUische Excurse,

p. 5qi 5()("». , ... I • I ./

.i V. ÀValter B. Walorman, Kant s LecUires on the philosophical theon

o/* /?p//>/o/i, Kantsludien, m, p. 3oi-3io.

5 Je m'étais adressé à M. le Prof. Ileinzc, char^'é de préparer une partie de l'édition nouvelle des œuvres de Kant, pour savoir s'il n'avait pas quelque manuscrit permettant de fixer par des signes externes la date des Lt'cons sur la doctrine philosonhique de la lieiigion ; M. le Prof, lleinze a bien voulu me répondre qu'un cahier (|ui a été conservé, et qui donne presque entièrement le même texte (lue les Levons, \nAu\nc comme date du commencenient des leçons, le i3 novembre 1783. Ce renseignement est confirmé dans la dernière édition (IX*) du r.rundriss d'ieberweg lleinze, III, i, p. 29,1. —A remarquer que ces Leçons contiennent quelques passages, p. 60-67, 70-71, littéralement reproduits de la Critique de la liaison pure, Hl, p. ^i^mM,

Ces Leçons laites d'après Baumgarten etEbcrhardont de grandes aiïinités avec la partie des Leçons sur la Métaphysique comme avec la partie de la Critique de la Raison pure qui sont consacrées à la théologie rationnelle. Elles reproduisent les mêmes grandes divisions de cette théolo^^ic en théologie transcendanlale, lliéologie naturelle et théologie morale. La théologie transcendanlale, qui essaie de dériver d'un concept rexistencc d'un Êlrc nécessaire*, nous présente de Dieu une idée à coup sûr très épurée, mais très pauvre; elle est surtout, par rapport aux autres sortes de théologie, propédeutique : par son caractère strictement rationnel, elle exclut ranthropomorphisnie, mais au prix de toutes les déterminations de Dieu qui nous intéressent ; le déisle qui s'en contente n'est guère en accord avec la conscience du genre humain'. La théologie naturelle nour fournit, elle, au Heu d'une substance éternelle agissant aveu'dénient, un Dieu vivant, cause de toutes choses par son intelligence et sa hberté \ Elle ne peut d'ailleurs nous en présenter le concept que comme une hypothèse nécessaire de la raison, qui ne saurait sans danger se convertir en une explication directe des phénomènes de la nature. Elle doit se tenii- en garde contre ce qui est son vice naturel, l'anthropomorphisme, non seulement contre ranlhropoinorphisme grossier qui, en prêtant à Dieu une figure humaine, trahit trop visiblement son délaut, mais encore contre l'anthropomorphisme subtil, qui en rapportant à Dieu des attributs de l'homme, néglige d'allranchir ces derniers de leurs bmites \ Ce n'est pas à dire cependant qu'il nous soit défendu de rien aiïirmer de Dieu qui nous intéresse : et, comme dans les Prolér/oniènes, Kant combat les objections de Hume contre le théisme. Ici, il les combat comme contradictoires avec la finalité de l'univers. Le inonde en général, surtout

i. P. 23 ; p. 060 sq.

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