LA PHILOSOPHIE DE LIIISTOIIŒ
La volonté est pour Kanl la facullr des fuis: la volonté est morale lorsque les lins qu'elle poursuit font partie d un système rationnel: mais celte conception d'un ordre des fins, tout en étant très essentielle à la pensée kanlienne, avait gardé un caractère spéculatif assez indéterminé: elle ne s'était pas non plus rattachée par un lien interne à l idée de la liberté qu'elle suppose. Il semble qu'elle ait dû pour une grande part sa définition prati([ue à l'eUort Tait par Kant à cette époque pour esquisser une philosophie de l'histoire.
C est dans la seconde partie du wm*" siècle que la notion d'une philosophie de l'histoire commence à se produire en Allemagne, et à y engendrer divers essais d'exposition ou d'explication de la marche générale et des lins dernières de l'humanité '. Cette notion ne tarda pas à bénéficier du concours de la doctrine leibnizienne. Bien que Leibniz, malgré ses connaissances et ses aptitudes d'historien, n'eut pas cherché à éclaircir didacticpiement la signilication philosophique de Ihistoire, il devait, par son optimisme, par sa conception d'un développement à la l'ois spontané et régulier des êtres, par son principe des indiscernables comme par son principe de continuité, éveiller au moins de
I. Robert Flint, La Philosophie de l Histoire en Allemagne, trad. française de Ludovic Carrau, 1878, p. 23.