‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 16 sur 345 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

TK MOUALE KT IMELLFXTUELLE DE K\M

Les tiails de la plnsionomie inlcllcctucllc et morale de Kant sont tellement empreints dans sa <loclnnc ciuc. pour les iWer. la pln,)a.l ào ses Liogruphes semblent reprodu.re ou comn^enL- des forn.ulos de ses œuvres. Ce "est pas a dire (luc le svslème rellèle simplement la personnalité de son a'uteur, Jar eette personnalité s'est elle-n.eme formée par la méditat.on dn système. Kant a impose a sa vie la môme organisation méthodique .luà ses .dees : s .1 a paru .-ester doeile à certaines iniluenees dédueation et de md.eu c-est quà la réflexion et à l'épreuve il avait juge bon de le. accepter. Une certaine inllexibllilé de son caractère, qui «•est mirc|uée au dehors par des assertions ^Ib-des a P" porter à croire que sa pensée, surtout en matière moiale, Lnquait de coinpréhension ou d nnpartiahté : et assurément il est permis deslmier que sa conception de la mo a- Uté nest qu'un moment abstrait, quelque important qu il soit, dans le développement d'une philosophie pratique complète. Mais la mise en relief et l'exclusive determmation de certains concepts jusqu'alors imparfa.emenl compris ne sont-elles pas une exigence du progrt^ philosophique autant et plus que le signe dune radicale subjectivité ^ La personnahté de kant ne s'est pas mêlée en mlruse a son effort pour découvrir le vrai : elle a été avant tout la vo-

On sait quels exemples Kant eut d'abord sous les yeux : un père de condition modeste, d'instruction brève, mais d'intelligence droite, d'activité laborieuse, d'honnêteté sévère, ennemi de tout compromis et de tout mensonge : une mère de grand esprit naturel et de grande noblesse de sentiment, très pénétrée de sa foi piétiste, mais sans superstition et sans fanatisme'. Kant reconnaissait avec émotion tout ce qu'il devait à cette éducation du fover. « Jamais, au grand jamais, disait-il, je n'ai rien eu à entendre de mes parents qui fut contre les convenances, rien à voir qui fût contre la dignité '». A sa mère surtout il fut toujours lié, non seulement par toute la tendresse et la gratitude de son cœur, mais encore par les dispositions morales profondes qu'en lui il sentait venir d'elle. Il laissait BoroAvski écrire que cette obligation de la raison pratique, selon laquelle nous devons travailler à notre sainteté, il en avait eu de bonne heure par sa mère la révélation typique '. En con-

î. Borowski, Darstellung des Lehens iind Charakters Immanuel KanVs, i8o4, p. 21-24. — Jachtnann, ImmanueL Kant geschildert in Brie/en an einen Freund, i8o4, p. 98-100. — Wasianski, Tmmanuel Kant in seinen ietzten Lehensjahren, 180/4, dans HofFmann, Immanuel Kant, /:in Lehenshild nac/i Darstellungen seiner Zeitgenossen, 1902, p. 34 1-345. — Schubert. Immanuel Kant s Biografjliie, 1842, dans'l'édition des Œuvres de Kant par Rosenkranz et SchulDert, XI, 2, p. 14-17.

Page 1