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raiilie le porle à faire valoir sans réserve ses désirs individuels et par conséquent à menacer de dissolution la société où il est entré. Cette « insociable sociabilité )) des liommes est cause qu'ils ne peuvent ni renoncer à la vie sociale, qui d'ailleurs est la condition nécessaire de la culture et des progrès de leurs facultés, ni en accepter d'emblée la règle trop stricte, qui limiterait leurs prétentions à tous en les mettant tous au même niveau. Par les obstacles qu'ils se créent les uns aux autres, ils s'excitent à se dépasser mutuellement ; ils se contraignent au travail, à la mise en valeur de toutes leurs aptitudes'. La société civile est Tenclos 011 riiumaiiité va laborieusement, mais sûrement, à sa fin. (( C'est ainsi que dans un bois, les arbres, justement parce que cbacun clierclie à ôler à l'autre l'air et le soleil, se forcent l'un l'autre de clierclier le soleil au-dessus d'eux et prennent de la sorte une belle et droite croissance, au lieu que ceux qui en liberté et séparés les uns des autres poussent leurs l)rancbes à leur gré croissent rabougris, tortus et courbés. Toute culture et tout art, ornement de l'humanité, le plus bel ordre social sont des fruits de l'insociabilité qui est contrainte par elle-mrme de se discipliner et de développer complètement, par une habileté forcée, les germes de la nature '. » Ce labeur incessant d'où résulte, avec la civilisation, un accroissement continu de lumières convertit peu à peu les vagues instincts moraux du début en principes pratiques déterminés ; elle transforme le consentement forcé et, pour ainsi dire, pathologique à la vie sociale en la volonté vraiment morale de s'associer et de former un tout. Ainsi les hommes voient avec le temps tourner à des elTets heureux la lutte née de leurs passions. (( Sans ces qualités, en soi assurément non aimables, d'insociabilité, d'où provient la résistance que chacun doit nécessairement rencontrer dans ses prétentions égoïstes, ce