Cf. Kritik der reinpii Veruunft, \\\, p
3. Sur ce qu'il faut entendre par la métapliy»i(jue la terminologie de Kant n'est pas toujours bien précise, ni bien constante. Il sulfit de rappeler ici que pour Kant il \ a, sous le nom de métapbysique, une science a priori, légitime et nécessaire, d'objets délerminables par purs concepts; parmi ces objets, ccuv qui sont réels et qui peuvent et doivent être compris de la sorte, ce sont, d'une part, la nature matérielle, d'autre [)art, la volonté raisonnable. Ainsi conçue, celte métaphysique inunanentc se distingue à la fois de la métaphysique transcendante qui prétend à tort à la connaissance des choses en soi, et de la mathématique qui, tout en étant a priori, procède, non par conce|tts, mais par construction de concepts. Kant a étendu aussi l'usage du terme de métaphysique, dans son sens légitime, à la discipline propédeutique qui détermine les conditions et les limites d'une connaissance rationnelle pure, c'est-à-dire à la critique.
F0?ïDEME>'TS DE LA METAPHYSIQUE DES MOEURS
Métaphysique de la nature, en ce qu'elle a affaire, non aux lois de ce qui est, mais aux lois de ce qui doit être par la liberté; cette différence n'est pas pour affaiblir l'obligation qui lui incombe d'être une œuvre sans mélange de la pure
raison
Le pire est, dans toute recherche, cet amalgame de données empiriques et de concepts rationnels, par lequel on se liât te de concilier les exigences de la pensée spéculative et le souci de l'expérience". Le goût du public s'y prête à coup sûr très complaisamment, et il autorise à traiter de songe-creux les philosophes qui prétendent montrer jusipioii va la puissance propre de la raison pure. Cependant ce qui a assuré le progrès dans tous les ordres de ractivilé humaine, c'est la division du travail: n'esl-il pas évident que pour constituer d'un côté une science strictement rationnelle, pour coordonner de l'autre des expériences particulières, il faut deux genres de talents très différents, sinon opposés, qu'une même personne peut difficilement réunir.^ kant s élève donc avec beaucoup de force contie 1 éclectisme superficiel des philosophes populaires : à leur procédé de confusion, qui met en œuvre pour toute connaissance les facultés les plus hétérogènes, il oppose l'idée d'une science fondamentale, la Métaphysique, qui ne relève que d'une faculté, la raison : contre leur prétention à traiter des plus diverses matières avec une égale compétence, il fait valoir la nécessité de l'aptitude spéciale que la Métaphysique impose, comme toute autre forme du savoir ou de l'art humain^.
Cependant il peut sembler que l'examen des problèmes moraux réclame la considération directe de la nature humaine et doive en conséquence se fonder sur la psychologie ou l'anthropologie'. Mais Kant repousse vigoureusement