I. IV, p. 258, p. 373, p
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traire, dès (jue la morale cesse de recourir à ces arguments suspects, dès qu'elle s'applique à n'énoncer les lois de la morahté que dans leur pureté rationnelle, elle est en mesure d'agir puissamment sur les âmes, ou plutôt elle découvre une inlluence du devoir d'autant plus efficace que celui-ci cherche moins à se fortifier d'influences étrangères ^ Kant, dans l'établissement de la Métaphysique des mœurs, ignore donc de parti pris les propriétés de la nature humaine, afin de rendre d'autant plus certain et d'autant plus souverain l'empire de la loi morale sur l'homme ".
Mais il ne suffît pas qu'une telle Métaphysique se justifie par les exigences intellectuelles auxquelles elle répond et par les exigences pratiques auxquelles elle satisfait : il faut qu'elle se justifie par l'analyse directe de son objet même. Or l'idée commune du devoir implique en toute évidence (pie les lois morales ne constiluent une obligation que parce (pielles valent, non pour l'homme en particulier, mais pour tout être raisonnable en général. Nous reconnaissons, par exemple, que le précepte qui nous ordonne de ne pas mentir ne s'applique pas seulement à nous selon les condilions contingentes de notre existence, mais qu'il possède une nécessité inirinsèque par laquelle il s impose atout être doué de raison ''\ Ce qu'il faut donc substituer à l'observation de la nature humaine, c'est le concept de l'être raisonnable. Maintes fois Kant répèle que la loi morale existe pour les êtres raisonnables en général, et non pour l'homme simplement. Ce n'est pas qu il veuille ainsi identifier la moralité à une sorte claction surhumaine, ou qu'il fasse intervenir, pour oifrir un modèle à l'homme, la représentation d'êtres surhumains'. Même il ne méconnaît pas sans
1. I\ , p. 238, p. 258-2G0. — Cf. Kritik der praklischeu Vernunft, V, p. 167 sq. — Die Religion, VI, p. i4-2-i^3, p. 157. — Metaphysik der Sitten. VII, p. i4.