‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 18 sur 345 · lîorowski, p · texte numérisé non relu

lîorowski, p

3. Cf. E. Feuerlein, Kant und der Pietismus, Philosophische Monatshefte,

XIX, i883, p. 'A'x^y\()6.

(\. Kink, Ansichtcn ans ./. Kants lehen, p. i3, cité par Schubert, p. ih.

LA PITITOSOPHIE PR VTIQI E PF K \M

piétisme tout ce qui, dans l'appareil des moyens et des elTets de la grâce, ollusquait en lui l'idée d'une liberté intérieure, principe sullisant de toute conversion, et d'une moralité autonome, critère souverain de la valeur des actes ; il condamna la tendance servile à justifier, sous le nom de piété, le renoncement à l'eiricace de l'opération humaine contre le mal et l'attente passive de l'intervention surnaturelle': mais à mesure qu'il s'api qua davantage à présenter l'interprétation religieuse de n crilicisme, il fut plus disposé à ressaisir, pour l'incorporer à sa pensée philosophique, cette idée de la nécessité d'une régénération radicale, sur laquelle le piétisme avait tant insisté '. Ses maîtres piétistes, nous l'avons vu, tachaient de soustraire les consciences à la fascination du mysticisme visionnaire.

I. Die lielig'wn inucrhalh der Grenzeu der hlossen Vernunft, M,

p. 284, note. t , 1 i„

3 En pleine possession île sa doctrine morale et religieuse, Kanta (iansle Conflit des Facultés expliqué le discrédit qui avait souvtMit frappé les pielistes et marqué aussi la si-nificalion du piétisme par rapport à sa proi-rc conception. Ce que l'on a voulu altein.Ire chez les piétistes, par celte api)ellation quelque peu méprisante dont on s'est servi pour les désigner, ce n est pas la piété, c'est, sous une fausse apparence d'humilité, leur orgueilleuse prétention à se donner pour les enfants surnaturels du ciel, tandis que leur conduite, autant qu'il était possible d'en juger, ne révélait chez eux aucune supériorité sur les simples enfants de la terre. (Juant à la doctrine même de bpener et de Francke, si elle a mal résolu le problème religieux, elle l'a du moins bien posé : le « brave » Spener a eu le mérite de soutenir, à l'indignation des orttiodoxes, que l'homme n'a pas seulement à devenir meilleur, qu'il a à devenir autre, c'est-à-dire à se convertir dans son fond, et que ce n'est pas a la fidélité doctrinale pas plus qu'à la stricte observance qu'il appartient de produire celte radicale rénovation intérieure. Mais avant à tort considéré que ce qui est suprasensible est supranaturel, il a cru que seule une mystérieuse op.ration de la grâce divine iH)uvait mettre Un à la conscience angoissante du mal, ainsi qu a la lutte du mal et du bien dans le cœur de l'homme. Il suit de là que la crise décisive par laquelle se crée l'homme nouveau selon la volonté de Dieu n est pas le résultat d'un acte de l'homme; il faut un miracle pour accomplir ce qui finalement est conforme à la raison. Or comment obtenir le miracle ;' Par la prière faite avec foi ? Mais celle-ci est une grâce, nécessaire par conséquent pour conquérir la grâce: on est enfermé dans un cercle sans issue. En réalité, l'action du suprasensible sur notre vie empirique ne doit pas nous être étrancrère ; elle doit être, non pas mystiquement re[)résentée comme une intlucncc de Dieu, mais praticiuement conçue comme l'opération de notre liberté. Il n en reste pas moins, avec ces considérables réserves, que Kant a fini par retrouver et par placer au principe de sa philosophie religieuse l'idée du mal radical et de la régénération essentielle, telle que le piétisme l'enseignait. — Der Streit der Facultdten, VII, p. 371-37O.

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