‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 19 sur 345 · I.A PERSONNALITÉ DE KANT · texte numérisé non relu

I.A PERSONNALITÉ DE KANT

Dans ce sens Kant ahonda naturellement plus qu'eux encore : et s'il n'est pas impossible de découvrir l'influence d'une sorte de mysticisme sur le développement de sa pensée \ on ne saurait nier que, pour atteindre aux sources de la spiritualité, il ait refusé de plus en plus de remonter, par des pressentiments ou des intuitions, au delà de la vérité pure constituée pour lui par l'union de ces deux principes : la liberté et la loi.

L'union de la liberté et de la loi : voilà ce qui fut, en même temps que le thème essentiel de ses spéculations morales, le trait caractéristique de sa personnalité. Pour ceux qui l'approchèrent, il était l'homme qui n'agit en tout que selon sa conviction propre, mais qui rapporte aussi sa conviction à des maximes certaines, clairement définies et solidement éprouvées. Il avait eu de bonne heure un goût de l'indépendance, qui lui faisait trouver un plaisir singuher à ne rien devoir à autrui, et qui écartait avec une défiance jalouse toute tentative d'empiétement d'une volonté étrangère sur la sienne -. Il ne faisait que ce qu'il voulait : mais il voulait, autant que possible, ne rien laisser . dans la vie qui ne lut réglé par des principes fermes ; pour toutes les circonstances, grandes ou petites, il estimait d'avance qu'il y avait une conduite à tenir, qui était la

bo

une

La réj^ularité bien connue de son existence

extérieure était pleinement préméditée de sa part ; et si la faiblesse de l'âge ne laissa plus sur le tard apparaître chez lui que l'automatisme des habitudes contractées, c'était l'intelligence la plus vigoureuse, la plus maîtresse d'elle-même, qui avait tout d'abord décrété cette disciphne. Dans cette minutieuse organisation de l'activité quotidienne comment

Page 1