‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 188 sur 345 · IV, p · texte numérisé non relu

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4. Cf. Kritik der praktischen Vernunft: a L'homme est un être qui a des besoins en tant qu'il appartient au monde sensible, et, sous ce rapport, sa raison a certainement une charge qu'elle ne peut décliner à l'égard de la sensibilité, celle de s'occuper des intérêts de cette dernière, et de se faire des maximes pratiques en vue du bonheur de cette vie, et même, quand il est possible, d'une vie future. » V, p. 65. — « Mais cette distinction entre le principe du bonheur et le principe de la moralité n'est pas pour cela de piano une opposition des deux principes, et la raison pure pratique n'exige pas que l'on renonce à toute prétention au bonheur, mais seulement que, dès qu'il s'agit de devoir, on n'aille point s'y référer. Ce peut même à certains égards être un devoir que de prendre soin de son bonheur : d'un coté, parce que le bonheur (auquel se rapportent l'habileté, la sajilé, la richesse) renferme des

ni

A dire vrai, la pensée de kant n'est pas pour cela contradictoire, ni même aussi incertaine qu'elle pourrait sembler'. Le rapport des inclinations à la moralité peut être en ellet diversement compris, selon qu'il s'agit de leur rapport au principe moral, ou de leur rapport aux maximes de la volonté, ou enfin de leur rapport aux objets du devoir. Avec le principe moral, qui doit être, ainsi que nous le savons, essentiellement objectif et rationnel, qui ne peut être découvert et établi que par une science a priori, par une Métaphysique, l'idée du bordieur. tilre généraldes fins subjectives de riiommeetdes motifs simplement empiriques de prudence, est radicalement incompatible. Là-dessusles Fondements delà Mcfaphysirjue des mœurs consomment la rupture avec l'eudémonisme. Au surplus le devoir, ainsi que kant ne se lasse pas de le répéter", ne saurait sans absurdité nous commander ce que nous recherchons inévitablement. Mais si la loi morale ne soulfre pas d'être confondue avec la règle du bonheur, elle ne peut enqiêcher que la tendance au bonheur ne soit une tendance essentielle de notre na-

movens d accomplir son devo.r ; de l'aulrc. parce r,ue le manque de bonheur (la pauvreté, par exemple) renferme des tentalior.s de le violer. Seulement travailler a son bonheur ne peut jamais être immédiatement un devoir, encore n.oms un prmcipe de tout devoir. „ V , p. q-.,jS. - Cf. KniiJ^ der Urtlunlsl^ra t, \ , p. »6.,, note - ^elon la MéUipInsuiuc des nuvars, les fins qui son en même temps des devoirs sont le perfectionnement de soi-mC-me et le

d^repl'p" r "^\ '^'" ^' '^" P'^t^'"'" ^°"''"'"'' ^■•' "'^^^ I^^^ ""« obligation directe est présente aussi comme une obligation indirecte. \ JI p ,8eS-io>

1. Un pourrait supposer quelle a varié, à partir même de la (i'rundle''un'r et que, selon les moments ou les motifs principaux des ouvrages de Kanî elle a plus ou moins accordé à l'idée de bonheur. Mais celte suppo.^it ion ne ser it pas tondee ; dans toutes les œuvres ultérieures consacrées à la^philosophie praique, on trouve comme dans la nrundlegun>,, en même temps que le rL- Pîraueî:: T " " "— /^-'-';1- --"direct de poursunVe l bonheur, la raison in T'"' 'T"'f ^' '' ^" "'-'^''^'""A' l'«"^-tre accentue le rigorisme :

mor« n" r^' ' ^"' '"' "\ P'^''^'" '^'"^ '^"^ ^''^"^^'^'•'' ^^ fondement de la morale, et d y bien marquer le caractère essentiel de sa doctrine. Mais sa pen-

ion Tm ' "T' ''""" ' "' "'' "'' ^^' ""^''"^'^^ ^*" d'-'^it a"'o»t les inclinalion, d être, dans une certaine mesure, satisfaites: voilà pourquoi elle peut être eclairc.e et commentée par des passages des ouvrages futurs^ ^

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turc, et par suite non seulement elle peut accepter que dans de certaines limites celte tendance soit satisfaite, mais encore elle peut ériger en obligation au moins indirecte que dans certaines circonstances elle le soit ; on peut sans contradiction exclure le bonheur de la formule du principe moral, et le réintégrer, sous des conditions et dans une mesure définies, parmi les fins que le devoir permet ou même prescrit ; on peut concevoir, ainsi que l'indique Kant', que la raison ait, chez les êtres que nous sommes, deux taches à remplir, l'une inconditionnée, qui est la production d'une bonne volonlé, l'autre conditionnée, qui est la réalisation du bonheur ; elle ne détruit sa puissance pratique (Hien méconnaissant la première de ces tâches, ou on ne la mettant pas à son rang suprême. Sous cet aspect, el quand il s'agit unicjuement des objets d'application du devoir, il n'est pas étonnant que la morale kantienne appaiaissc moins éloignée des morales ordinaires : ce qu'elle proscrit alors des inclinations, c'est surtout leur prétention à se satisfaire sans discernement, sans limites, et par des actions contraires à la loi " : elle se caractérise seulement par ceci, qu'elle cherche dans le pur devoir pris en luimême le principe des disiinctions et des limitations qu'elle leur impose. Elle ne considère donc pas (pie les inclinations essentiellrment soient mauvaises : elle les lient même

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