Borowski, p. 108-109. — Wasianski, toc. cit
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ne pas la reconnaître, puisque c'était visiblement pour le plus complet emploi de ses forces et la meilleure écononne de ses ressources qu'elle avait fout disposé l' Lui qui devait découvrir, en le marquant datlrlbuts nréductibles. ce qu'il appelait lusage /)rf(//7"<' pur de la raison, il crojail cependant que l'usage pragmatùjue de cette même raison en révèle déjà la puissance et en consacre déjà les droits. Il dut en faire au soin de sa santé une première et constante application. De constitutfoii débile, sans cesse exposé à la soullrance. il voulut se rendre compte de l'étal de son organisme, et il se proposa d'échapper, par un régime q.i il s'était lui-même lixé, à l'assistance extérieure de la médecine. Il aimait à dire que sa santé, que sa fongévité était son œuvre '. Il ne résista pas au plaisir de se rendre publiquement ce témoignage en insérant dans le ConjUt des /•'(/«///<>« la lettre qu'il avait écrite au médecin lluleland sur \a puissance (jn'a l'âme d'èlve par la simple volonté mailresse <le ses sentiments maladifs. Il dissimulait mal la (lerté qu il avait à exalter, sous l'apparence ironique d'un l>làme, cet art « de ne pas faire place au monde pins jeune fini s'ellbrce d'arriver », (( d'apporter par son exemple la confusion dans les tables de mortalité on l'on fait état cependant de la Un de ceux qui sont plus laibles de tempérament et de la durée probable de leur vie^' ». En vertu de son expérience. Il jugeait donc possible de mettre sous l'empire de la volonté ce que les hommes par Ignorance et par absence d'hygiène raisonnable avalent laissé sous l'empire du destin': d concevait une « règle dlététl(|uc nniverselle selon laquelle la raison exerce un pouvoir curatlf immédiat cl par laquelle les formules thérapeutiques de lomclnc pourraient être un jour .supplantées '. » Et tout en entrant dans le détail de certaines prescriptions, il insistait sur la signilicalion nouvelle que prenait pour lui le précepte stoïcien
I. Borowski, [i. iia-ii3. — Wasianski, p. 309. a. lier Streit dev Faculliiten. VII. p. 4aO. 3. Ibid.
— Schul)ort p. 178,
(( smtlne et ahstlne », érigé ainsi en principe, non plus seulement de la morale, mais encore de la médecme rationnelle'. . .
Ses biographes à l'envi ont vanté la joyeuse vivacité de son humeur ^ Mais elle semble avoir été chez lui une acquisition de la volonté bien plus qu'un don de la nature. Il a raconté lui-même comment, prédisposé à l'hypocondrie par sa constitution organique, il avait triomphé des images obsédantes qui lui représentaient démesurément son mal et substitué peu à peu à la versatilité inquiMe de ses sensations le calme indiiïerent et même la sérénité souriante de rame^ C'est sans doute en souvenir de la lutte victorieusement soutenue contre son tempérament que dans ses Observations sur le sentiment du Ijeau et du su- Ijlinie, il a glorifié, en donnant à ce mot un sens quelque peu singulier, le mélancolique, c'est-à-dire comme il l'explique, riiomme capable d'opposer avec succès aux multiples causes de variation et d'incertitude qui peuvent plus ou moins capncieusemenl ralïectcr la constance réfléchie de son jugement et de son caractère'. A un tel homme, remarquait-il, Vamilié est un sentiment qui convient particuhèrement. Au fait, il cultiva l'amitié avec cette lidéhté intlexible qui dénonçait à ses yeux moins l'influence irrésistible d'une affection naturelle que la responsabilité directe d'un libre engagement. Il entendait que la première vertu de famitié lut la sincérité et que le premier efl'et en fût la confiance réciproque. Pourtant il n'élaitpas sans ajouter à cette loyauté quelque tendresse. Il participait avec une sollicitude toujours en éveil et plus d'une fols agissante aux soins, aux intérêts, aux sentiments de ses amis : la perte de l'un d'eux était pour lui le plus vif des chagrins; seule l'exacte régularité de son