I. IV, p
Kanl cherche à vérifier sa formule par quatre exemples, ordonnés, selon la division, admise de son temps, des devoirs en devoirs envers soi-même et devoirs euAcrs les autres hommes, devoirs parfaits et devoirs imparfaits. II est loin d'avoir développé ces exemples avec une entière clarté, et il les a exposés ainsi à des méprises assez excusahles comme à des ohjections assez spécieuses.
Voici, dit-il d'abord, un homme qui réduit au désespoir par nne série de malheurs a pris la vie en dégoût: lui est-Il permis d'y mettre lin par le suicide.^ Sa maxime serait dans ce cas la suivante : par amour de moi-même, je pose en principe dahréger ma vie, si en la prolongeant j'ai beaucoup plus de maux à en craindre que de satisfactions à en espérer. Ainsi entendu, l'amour de soi peut-il devenir une loi universelle de la nature? A coup sur, non. Car (( une nature dont ce serait la loi de détruire la vie même juste par le sentiment dont la fonction spéciale est de pousser au développement de la vie, se contredirait elle-même, et, pai' suite, ne subsisterait pas comme nature' ». En d'autres termes, il est inq)ossiI)le de concevoir un ordre de la nature, dont la loi serait la maxime d'une volonté qui. selon les circonstances contingentes et les impressions subjectives, tournerait contie la vie la disposition fondamentale à
vivre ^