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2'. He'gler (op. cit., p. QQ-ioo) soutient que la maxime ici ne présente de contradiction (.ue si l'on interprète et l'on complète la pensée de Kant de la façon suivante: la néglii^'ence des facultés et des talents est une maxime con- Ira.lictoire parce qu'il est naturel et nécessaire à la volonté de les cultiver en vue de l'avenir pour toutes sortes de fins utiles. Il y aurait donc, ajoute Heglcr, une application du concept de l'être raisonnable qui va au delà du raisonnement formel. — Mais Heglcr esiimc à tort que la maxime ici est en opposition avec des tendances ou des besoins de l'être raisonnable ; elle est en opposition avec l'idée de sa volonté, considérée comme constitutive, par sa forme législatrice, d'un ordre de la nature, —et d'un ordre de la nature aussi plein que Dossiblede réalité pratique, ajouterons-nous volontiers pour dégager le postulat implicite de la pensée kantienne. Or ce postulat est une espèce de transposition de l'idée rationaliste, selon laquelle la raison requiert pour se satisfaire, non pas seulement 1 intelligibilité pure et simple, mais encore le maximum de
Voici enfin un homme dont les affaires sont prospères, et qui voit certains de ses semblables aux prises avec de grandes didlcultés : il peut les aider; mais il se dit: qu'importe? Qu'aulrui soit heureux s'il le peut et comme il l'entend: je n'attenterai certainement pas à son honheur. mais je me réserve de n'y pas contribuer. Une telle maxime peut sans doute à la rigueur être conçue comme une loi universelle de la nature, et, dans ces conditions « l'espèce humaine pourrait sans doute fort bien subsister, même mieux assurément que lorsque tout le monde a sans cesse à la bouclie les mots de sympathie et de bienveillance, s empresse même à l'occasion d'exercer ces vertus, mais en revanche trompe dès qu'il le peut, lait bon marché du droit des hommes ou y porte atteinte à d'autres égards». Mais s'il est possible de concevoir une loi de la nature selon cette maxime, il est impossible de la vouloir. (( Car une volonté qui prendrait ce parti se contredirait elle-même: il peut, en elTet, se présenter bien des circoiLstances oii nous ayons besoin de raU'ection et de la sympathie des autres, et alors, en vertu de cette même loi issue de notre volonté, nous nous enlèverions tout espoir d'obtenir l'assistance que nous désirons pour nous-mêmes'. » En d'autres termes, un ordre de la nature suppose qu'il y a entre les êtres des relations positives et objectives de réciprocité; l'égoïste qui reste indiirérent au malheur des autres ne peut donc ériger sa maxime en loi de la nature, et c'est pour cela qu'il n'a aucun droit, le cas échéant, de compter sur l'assistance des autres; il a l'ait de ses semblables des étrangers pour lui'.
(lélerminations intelligibles. La coiii-idératioii tie l'ulililé, qui intervient ensuite, est ici encore comme une vérification extérieure, non une justification de la règle, (juoi que dise Lehmann (op. cit., p. 73).