V.plus haut, p. i3i sq., p. 289 sq., p
LA riIlLOSOPHIE PRATIQUE DE K VN T
FONDEMENTS DE T, \ METAPIllSlQl E DES MOEURS
se proposent par leur raison ; mais tout en faisant abstraction des différences individuelles qu'il y a entre les êtres raisonnables et aussi du contenu de leurs fins particulières, il comprend aussi ces fins particulières, dans la mesure où elles ne portent pas atteinte à l'accord ibndamental des
volontés ' .
Ce règne des fins n'est a vrai dire qu'un idéal, mais (pu peul etr^ réalisé par la liberté. De droit tout être raisonnable en est mend)re, par le fait qu'il y institue la législation à laquelle 11 obéit. Pourtant les êtres raisonnables finis, même lorsque leurs maximes se mettent d'accord avec celle législation, ne possèdent pas, soit la pleine indépendance à regard des besoins qui les assure d'une constance absolue dans leurs maximes, soit la pleine puissance de réalis* 1 tout ce qu'ils veulent: et de plus leurs maximes ne sont pas nécessairement d'accord avec cette législation. Aussi la nécessité d'agir selon la législation qui rend possible un règne des fins prend-elle pour eux la forme dune obligation ou'^d'un devoir. Quand, au contraire, un être raisonnable a une volonté qui s'accorde nécessairement avec cette législation, c'est-à-dire une volonté sainte, et une puissance adéquate à sa volonté, il n'est pas seulement un membre du règne des fins, il en est le cbef ■.
Un règne des fins se conçoit par analogie avec un règne de la nature. Mais la nature est-elle un règne i^ Non certes, si l'on ne considère en elle que les lois causales qui déterminent rencliaînement de ses pbénomènes. Oui cependant, si l'on remarque que seul son rapport à des êtres raisonnables regardés comme ses fins permet de la comprendre
1 IV p 281 — C'est donc avec quelque exagération que Simmcl allrllnie à Rant une sorte de radicalisme moral, qui ne voudrait admettre, en lait de valeurs, que des valeurs morales directement ou indirectement (Ranf, p. ( i, p 1 19, p I i:i sq ) S'il est parfaitement vrai que la loi morale est pour la hiorarchie des valeurs la mesure suprême, il est vrai également qu'elle laisse s introduire dans le règne des tins des actions qui peuvent simplement s'accorder avec elle sans être déterminées par elle, des actions permises (v. encore i>,