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LA PHILOSOPHIE • PRATIQUE DE KATïT
des objets d'entendement supérieurs à la loi. Etait-ce à dire que Kant eût renoncé à établir un lien quelconque entre le principe de la moralité et les alïirmations métaphysiques ordinairement introduites pour justifier ce principe? Nullement; mais il n'entendait point que ces aiïîrmations, comme celles de l'immortalité et de l'existence de Dieu, fussent le fondement de la morale. Dans cet esprit, la Grundlegung n'indiquait que par de sommaires allusions la place qu'elles devaient occuper dans une philosophie pratique complète' : toutefois ces allusions nous témoignent que si pour Kant la conception du souverain bien devait plus que jamais rester subordonnée à la loi morale', si en outre elle ne pouvait pas être l'objet d'une connaissance comme celle que prétendait en vain fournir la métaphysique dogmatique, elle gardait cependant, à un certain point de vue. pour le sujet raisonnable sa vérité. Lue occasion survint. (|ui permit à Kant de renouveler là-dessus, peu de temps après la publication de {nGnindlegutif/, l'expression de sa pensée.
Cette occasion, ce fut la fameuse querelle qui, à propos du spinozisme, réel ou prétendu, de Lessing, mit aux prises Jacobi et Mendelssohn, la philosophie du sentiment et le rationahsme dcYAuf/clarung. Solhcité vivement de prendre parti '. Kant eut surtout le souci de marquer quelle était vis-à-vis des adversaires en présence sa position propre. 11 se rangeait certes plutôt du coté de Mendelssohn que de celui de Jacobi : mais s'il était rationaliste avec Mendelssohn, il ne souffrait pas cependant (lue la raison pût s'aventurer dans la connaissance des objets supra-sensibles : si, d'un autre coté, il admettait avec Jacobi une place pour la croyance, il pouvait encore moins accepter que cette croyance pût ou