I. V. plus haut, p. 379, p
3. Nous avons vu (p. 232-233, p. 238) que dans la Critique de la raison pure, l'idée du souverain bien paraît ajouter encore à l'autorité de la loi.
3. V. en particulier les lettres qu'écrit à Kant à ce moment Biester, l'un des fondateurs de la /ievue de Berlin, organe de VAtif'klùrung{/iriefn'ec/isel, I, p. A 10, p. \2()!i3\, p 439). — Voir la lettre de Marcus llerz, du 27 février 178G i^lhid., I, p. 409).
LE SAVOIR ET LA FOI 3qq
s'imposer du dehors ou être livrée à l'inspiration du sentiment. La critique dans le rationaHsme, la rationahté dans la foi : voilà ce qu'il opposait aux deux partis adverses.
Ce lut le thème principal de l'article qu'il publia en octobre 178G dans la Revue de Berlin sous le titre : Qa est-ce que s'orienter dans la pensée'? L'article se référait aux Heures matinales de Âlendelssohn récemment parues ^ ainsi qu'à son écrit aux amis de Lessing, de l'autre coteaux Lettres de Jacobi sur la doctrine de Spinoza ainsi qu'à son écrit contre tlnipulation de Mendelssohn.
Dans les deux écrits de Mendelssohn Kant trouvait l'indication d'une maxime de recherche, qui se retournait logi- ([uement contre le dogmatisme métaphysique de l'auteur, qui, mal entendue comme elle se prètaità l'être, devenait tout naturellement une arme contre le rationalisme même, mais (fui, bien interprétée et approfondie, pouvait être admise par la philosophie critique et en même temps la confirmer. Cette maxime, c'est qu'il faut que la pensée ait pour ses démarches spéculatives quelque principe qui lui permette de s'orienter. Mendelssohn appelait le principe en question tantôt sens commun, tantôt saine raison, tantôt simple bon sens ; malheureusement il mettait cette idée juste d'un principe d'orientation au service de l'exaltation visionnaire, de la Schwcirnierei : indirectement, quand il la laissait à ce point ambiguë que son adversaire pouvait la reprendre comme l'expression d'un sens intuitif et mystérieux de la vérité ; directement, quand il en usait lui-même pour développer démonstrativement un prétendu savoir des choses
1. JVas heisst : sich ini Denken orientiren? IV, p. 337-353. — V. aussi, (le la même éi)oque, lîemerkun^en zu Jacoh's Priifiing der Mendelssohnsi'hen Morgenstunden. 1786, IV, p. 463- 168. — Cf. la lettre de Kant à Christian Gottfriod Scliiitz de la fin de novembre i']8b(Briefa>echsel, I, p. Ao5-4o6), les lettres de Jacob à Kant du 26 mars 1786 (Ihid., p. 4i2-4i5), et du 17 juillet 178O {/hid., p. 434-438), la lettre de Kant à Jacob du 26 mai 1786 nOid., p. 427). '
2. V. la lettre de Mendelssohn à Kant du 16 oct. 1785 (lùid., p. 38û).
Dans la Pré/ace de son ouvrage, Mendelssohn parlait de Kant comme du philosophe « qui réduit tout en poussière » (des ailes zermalmenden Kant).
^QQ LV PHILOSOPHIE PRATIQTE DE K \NT
supra-sensibles. Et cependant il -'' -"■'/'''"'^'riledoU prc'ciser cette idée pour être à même d'expliquer quelle doit L en ce qui concerne les objets supérieurs à l'expérience, l'attitude de la saine raison '. , • , a
Qu'est-ce. en effet, d'une façon générale, que s onenter ? C-est dune région donnée du monde - suppose que 1 ho- ,izonsoi. divisé en quatre régions -- trouver les t. -ois autres et tout d'abord l'Oricnl. Quand nous voyon le soleil an; le ciel à midi, il nous est aisé de discerner les quatre ré-ions • mais pour cela il nous faul aussi un moyen sulceliTeL distinction, un senll.nen, de la diflérence en,., a droite et la gaucbe. Que ce sentiment nous fasse dellui e qu'un jour, par miracle, tous les astres, en conservant leu. forme et leu!- situation respective, se mettent a suivre un direction inverse : notre ..m1 ne remar.,uera.l pas la nuit suivante, à la clarté des étoiles, le moindre d.angcnnent ^ oilà donc sur (poi repose l'orientation geogi^apluquc. De même pour morienter dans un espace donne en gênerai, il faut que je puisse distinguer entre ma droite et ma gauche • sans cela je ne saurais, par exemple me reconnaît, dans une chambre obscure dont les objets familiers auraien eu leur ordre général interverti, tout en gardant les uns par rapport au V autres la môme position. Comme l oriei- Lon géographique, l'orientation matiiématiquesuppose le
sentiment d'une distinction entre mes deux cotes.
Nv a-t-il donc pas pareillement un principe subjecl. pour l'orientation de soi-même dans la pensée .^Certes, s . s'agit des objets du monde sensible, il y a pour e jugement nui les détermine des règles objectives, par e les-mem^^ semble-t.il. suirisantes. Mais s'il s'agit do d^passer e limites de l'expérience, d'aller vers un monde qui, au lieu de nous fournir des objets d'intuition. F-".--!-marquer la place pour une intuition possible il laut bien alors àla raison, pour diriger sa démarche, quelque prmcipe