‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 217 sur 345 · LE SAVOIR ET LA FOI · texte numérisé non relu

LE SAVOIR ET LA FOI

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subjectif de distinction. Ce principe, c'est un besoin qu'elle ressent d affirmer la réalité de certaines idées, sans qu'elle

puisse cependant en administrer jamais la preuve théorique suffisante.

Toutefois il y a lieu d'expliquer comment ce besoin est un droit, et à quelle condition il peut se satisfaire II laut d'abord que les idées que l'on prétend déterminer par delà l'expérience se montrent à la raison exemptes de contradiction : il faul de plus en concevoir lobjel dans son rapport avec les objets de l'expérience, non pas pour lui donner une forme sensible, mais pour savoir s'il est compatible avec l'usage défini de notre entendement. 11 faut enfi,, que ces idées ne servent pas à développer des hypothèses destinées à remplacer, pour des objets de l'expérience, les explications existantes ou possibles par des causes sensibles, par des causes perçues ou susceptibles de l'être C'est ainsi qu'il n'y a aucun intérêt et qu'il peut même y avoir un grave préjudice pour la raison à admettre l'inlluence d êtres de la nature purement spirituels : car on ne peut rien dire de leur mode d'action. Il ny a donc pas là un véritable besoin de la raison, mais seulement une curiosité mal disciplinée qui s'égare en des lictions stériles II en est tout autrement du concept d'un Être premier, conçu comme mlelhgence suprême et en même temps comme souverain bien. Que nous soyons forcés de donner pour fondement à toute po.ssibilité lexistence dun Être absolument réel, que nous ne puissions pas rendre compte suffisamment de 1 existence des choses dans le monde et de la finalité qui sy rencontre à un degré admirable sans supposer une Cause mtelhgente, e est là un besoin véritable de la raison puisque la raison ne peut concevoir qu'à ce prix la parfaite mlelhgibihté du donné : elle a donc des motifs subjectifs sulhsants daffirmer ce qu elle ne peut point démontrer tliéoriquement.

Cependant la raison, outre un usage théorique, a un usage pratique : pour le premier de ces deux usages, son

Dklbos.

besoin n'estque conditionné ; elle est loirée dadmeltiel existence de Dieu quand clic veut juger des premières causes de ce qui est conlintrenl : pour le second de ces deux usages son besoin est inconditionné : ici. il Tant (p.Vllc juge. La loi morale conduit en elIVt à lidée dn souverain bien, qui comprend :. la lois ce (jui est possible dans le monde par la liberté, à savoir la moralité, cl ce ([ui relève de la nature, non plus de la liberté liumainc. à savoir le plus grand bonbcur dans une juste proportion avec la moralité. La raison a donc besoin d'admettre ce souverain bien dépendant, et pour le garantir, une intelligence suprême, qui est le souverain bien indépendant: non point certes afin de dériver de là l'autorité obligatoire de la loi morale ainsi que le mobile qni porte à l'observer, — ce serait enlever à l'action sa valeur — mais afin d'exclure l'opinion qui tiendrait la moralité pour un idéal sans objectivité par le l'aitcpie serait dépourvue d'existence l'idée qui l'accompagne indissolublement. C'était donc par un besoin de la raison, non par le progrès dune prétendue connaissance, que Mendelssobn à son hisu s'orientait dans la pensée spéculative. Si son elTort n'était pas entièrement vain, en ce qu'il permettait de découvrir au fond, sous l'illusoire apparence des démonstrations objectives, l'action des motifs subjectifs d'airirmer, il avait le'taclieux inconvénient d'ouvrir la voie, par le dogmatisme de la connaissance rationnelle, au dogmatisme de l'inspiration irrationnelle. 11 n'écliappall pour son compte à ce danger que par le souci qu'il avait de régulariser, a l'exemple de Wolll'. par une mélbode scolastitiue toutes les démarcbes de l'esprit. Au reste quand il en appelait à la saine raison, que faisait-il sinon avouer l'impuissance de la raison démonstrative !' Il eût sans doute donné à cet aveu toutes ses consé(iucnces, s'il eût eu. avec une plus longue vie, cette aptitude ipi'a la jeunesse à modilier sa pen°sée selon les changements survenus ilans l'état des sciences. 11 eût compris alors la nécessité d'une Critique pour ne pas laisser la raison s'employer indistinctement

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à toutes ses tâches sans une limitation exacte de ses usages' Il importe donc que la décision de la saine raison reçoive une détermination plus précise qui la ramène à sa source véritable. Aucun terme ne convient mieux pour elle que celui-ci : foi de la raison Venuinflglaub<> ^ Foi de la raison et non pas seulement foi rationnelle, car toute foi, môme la foi historique, est une foi rationnelle, la raison étant toujours en fin de compte la pierre de touche de la vérité Le caractère essentiel d'une foi de la raison, c'est qu'elle ne repose point sur d'autres données que celles qui sont contenues dans la raison pure. Kanl reprend pour les définir les distinctions et les critères qu'il avait déjà indiqués aileurs, notamment dans la Mél/iodoloç/ie Ivanscendankde de la Crdique de la raison pure'; il insiste seulement davantage sur la relation de la foi à la raison pure comme à son principe, et il marque en termes plus saillants les rapports de la foi avec la science. La foi de la raison n'est pas, comme I opinion, un état provisoire de la pensée qui peut par la conquête d'arc^iments objectifs nouveaux se transformer en un état de certitude scientifique : elle n'est pas. en tant que loi, comme le soutenaient des représentants de VAufkluruny, une forme confose et subordonnée de connaissance destinée à disparaître peu à peu devant la puissance croissante des idées claires et distinctes : elle dérive d'un besoin nécessaire qui, dans notre condition humaine, ne saurait jamais trouver nulle part un substitut. Quand ce besoin se manifeste en matière théorique, il donne lieu à des hypothèses que nous admettons parce que nous ne pouvons pas pour certains eirels donnés, trouver d'autre principe d'explication, et qu'il réclame un tel principe'. Quand il se

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/^q/^ tK PHILOSOPHIE PIWTIQLE DE KVNT

manifeste en matière pratique, la loi qui eu dérive s'appelle u„ oostulalde la raison : et si elle ne sat.stait pas a toutes LldUions logiques de la eer.itude. elle ne leeèdeen nen au dIus sûr savoir : elle en dilRnc .,uanl a l espèce Elle ne pe t, n effet, co.nn.e lopimon ou la loi Instor.que, L ébr niée un jour par des arguments qui la surpren- Iraient en quelque sor.edu dehors: la eonsc.ence qu elle e^Xpe d' son invarial.ilitélui permet dé.re absolument

'"lUo. de la raison, ainsi comprise, sert de fondement à toute autre foi. même à foute révélation : elle ne peut et.e remplacée, ni suscitée par aucune insp rat.on, eomine par aucun enseignement extérieur. SI grande qu en soit l autorité. Une révélation ne peut être acceptée de mo. que s. el e est iu^ée par moi divine, que si, par suite, elle présente des iaractéres qui ne peuvent être d.Herminés que par 1 idée que préalablement ma raison possède de la divun le. H n > l donc pas de Religion qui puisse être révélée sans la raison et hors de la raison '. Contester à la raison le droit qui lui apparti,,nt de parler la première sur des objets suprasensibles, c'est ouvrir la porte toute grande aux divagations mystiques, mais aussi h lathéisme : voufo.r laire de la lai-

fnrultt^ de lu-er : « L'intervontïon de ce terme de foi et de celle laet p

•;L purs c,ue ceux que celle-ci avait pu lourn.r J"^-' ; ™;' .r.^^".'; Je, p 486 - Cf. la lettre à Jacobi du 30 août .789, HnefaechseL U. p. .4-

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