‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 218 sur 345 · I.E SAVOIR ET LA FOI · texte numérisé non relu

I.E SAVOIR ET LA FOI

son un usage arbitraire, sous prétexte que toute loi est une borne au génie, c'est laisser la place libre à l'autorité extérieure, publique ou privée, qui saura bien replacer la raison sous le joug d'autres lois: de toute façon, c'est porter la plus grave atteinte à la liberté de la pensée. (( Hommes de grandes capacités d'esprit et de larges idées, s'écrie Kant en visant Jacobi et ses amis î Je respecte vos talents et j'aime votre sentiment de l'humanité. Mais avezvous bien réfléchi à ce que vous faites et où aboutiront vos attaques contre la raison ' P» Or voici, ajoute-t-il, la marche inévitable des choses. Le génie se complaît d'abord dans son audacieux élan ; il est ivre de la joie d'avoir brisé les chaînes par lesquelles les lois de la raison l'enserraient; il enchante aussi les autres par des sentences impérieuses et de brillantes promesses ; il occupe avec éclat cette royauté que détenait si mal la lente et pesante raison. Mais à la longue, comme une inspiration intérieure ne saurait créer un lien entre les hommes, il accueille volontiers les données extérieures érigées en vérités, les traditions converties en enseignements : il souffre ou il sollicite les obligations imposées à la conscience du dehors ; il consacre l'asservissement de la raison aux faits, c'est-à-dire la superstition ^ Il revient donc à la Critique le grand mérite de résoudre le conlht entre le rationalisme dogmatique et la philosophie du sentiment \ en dénonçant la fausse idée qui les unit

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