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système. Dans la nature, chez les êtres vivants en particulier, il n est rien, selon la raison, qui ne soit approprié à son but et qui ne se justifie par sa destination ; il est impossible, suivant cette analogie, que l'homme « qui pourtant peut seul contenir en lui le but hnal de toutes ces choses » lasse evception à cette règle. En ellet les dispositions de sa nature, — et il n est pas seulement ([uestion par là de ses talents et de ses penchants, mais surtout de la loi morale — sont tellement supérieures au\ avantages qu'il en pourrait tirer dans la vie présente qu'elles resteraient en désaccord avec le principe d'un ordre universel s'il ne devait pas y avoir une autre vie : la certitude de la valeur incomparable de la moralité l'autorise donc à espérer, s'il s'en est rendu digne, de devenir a le citoyen d'un monde meilleur dont il a lidée' ». \oilà la preuve irrérutable. dont la puissance sur lésâmes ne tient nullement à une connaissance purement théorique de ce que nous sommes dans le fond, mais à la conscience de notre raison « comme faculté pratique en elle-même ' ».
Mais il se trouve en outre que certains problèmes, exclusivement spéculatifs d'apparence, et insolubles sous la forme que les écoles leur ont donnée, reçoivent au point de vue pratique un sens et une solution. Dans la psychologie rationnelle on s'elforce vainement de comprendre comment le Moi en soi peut produire ses états empiriques : car d'un coté le Moi en soi ne pourrait être saisi que par une intuition intellectuelle qui nous fait défaut, et d'un autre coté ses états empiriques témoignent uniciuement de la réceptivite de 1 intuition sensible. Cependant « supposez qu'il se
I. III, p. 28G-288. — Cette preuve qui ne représente pas, au moins expressentient, la vie future comme le moyen de l'acconi entre la vertu et le boniieur. mais plutôt comme le développement d'une moralité afTranchie des obstacles de 1 existence actuelle, reproduit la preuve par analof,ne des Leçons sur la rnt'tafj/nsiffue (V. plus haut p. 171-172), niais en v ajoutant une garantie plus terme au moyen de la loi morale conçue comme loi pratique de la raison, hlle définit plus rigoureusement par là le contenu de ce qui sera dans la Critique de la raison pratirfue le postulat de l'immortalité