‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 224 sur 345 · LA DEUXIÈME EDITION DE LA CRITIQUE · texte numérisé non relu

LA DEUXIÈME EDITION DE LA CRITIQUE

trouve par la suite, non pas dans l'expérience, mais dans certaines lois de l'usage de la raison pure établies a priori et concernant notre existence (lois qui ne sont pas par conséquent de simples règles logiques) une occasion de nous supposer tout à fait a priori législateurs au regard de notre propre existence et même déterminant aussi cette existence : ainsi se découvrirait une spontanéité, par laquelle notre réalité serait déterminable sans avoir besoin pour cela des conditions de l'intuition empirique, et nous nous apercevrions alors que dans la conscience de notre existence a priori quelque chose est contenu qui peut servir à déterminer cette existence à nous qui n'est absolument déterminable que d'une manière sensible, à la déterminer toutefois par rapport à une certaine faculté interne relative à un monde intelligible (d'ailleurs simplement conçu)' ». Ainsi, grâce à l'idée maîtresse de la Grurufleyung, — l'idée de la volonté autonome, — la raison pratique apparaît capable non seulement de se suffire, mais de prêter ses déterminations propres à certains concepts issus de la raison théorique : 1 extériorité relative des deux raisons l'une par rapport à 1 autre tend à disparaître devant une conception plus (( archilectonique», selon laquelle « l'idée de la hberté, entant que la réalité en est démontrée par une loi apodictique de la raison pratique, forme la clef de voûte de tout l'édifice (1 un système de la raison pure, y compris même la spéculative - ». — Ces paroles initiales de la Critique de la raison ftratique, prête pour l'impression peu de temps après que !<' remaniement de la Critique de la raison pure avait été lerminé. découvrent bien l'esprit dans lequel Kant avait opéré çà et là ce remaniement.

• III, p. 291. — V. plus haut. p. 207.

Page 1