‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 226 sur 345 · Ki'itik der praktischen Verminft, V, p · texte numérisé non relu

Ki'itik der praktischen Verminft, V, p

2. C'est simplifier inexactement les rapports des Fondements de la Metapliysique des mœurs et de la Critique de La raison pratique que de dire ^srr q"2^*^ Erdmann {Grundriss der Geschichte der Philosophie, III, leoO, p. 346) et avec Kuno Fischer {Geschichte der neuern Philosophie, V, p. 81) que le premier ouvrage a pour objet la loi morale, le second la faculte de la réaliser, c'est à-dire la liberté. Car, comme on sait, les Fondements s'occupent, dans leur dernière section, de la liberté et esquissent la Critique : la différence de fond est dans la méthode suivie. V. plus haut, p. 018-319, note.

3 \. Em. Boutroux, La morale de Kant: la raison pure pratique, dans ies Leçons de la Sorbonne publiées par la Revue des cours et conférences, 9*^ année (1900-190 1), 2^ série, p. 577-584.

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même en tant qu'elle est spécifiquement pratique. A cette condition le système de la morale se soutient de lui-même par lui seul fbesteht clurch slch selbst \ Par conséquent ce qu il faut d'abord établir, c'est lexistence d'une raison pure pratique ; d'où résultera ensuite l'obligation de la défendre contre toute subordination avouée ou déguisée de sa puissance à celle d'objets extérieurs à elle, (ju ils soient empiriques ou transcendants. A oilà comment se définissait, dans Fentreprise du nouvel ouvrage, la double tàclie que suppose toute Critique: la première, qui esl de découvrir et de justifier des principes a priori, la seconde, qui est d'en circonscrire exactement l'emploi, d'en interdire toul usage qui ne serait pas immanent.

L'ouvrage parut en 1788": il portail le litre de Ci'ilifjuc de la raisofi prati(jue\

1. Kritik der praktischen Vcrnutift, V, p. 8, — On pourrait objeclcr «pio dans V Eclaircissement criti(f(ie de t'aiialxtique (V, p. 95-97) et à la fin do la Méthodologie (V, p. 1O9; voir plus haut, p. 3ir)-3i7, note), Kant lait reposer l'existence de la raison pure jiralique sur un appel au jugement moral commun ou sur l'analyse de ce jugement. Mais dans ces passages, il ne s'agit pas de conduire la démonstration cpie doit développer la Critique de la raison pratique. Même ditficulté [)ourrait être et a été en réaliti'- soulevée pour la seconde édition de V Introduction de la Critique de la raison pure. Kant, en efTt't, a ajouté au texte de la première des considérations reprises des Prolégomènes sur ce que la mathématique pure et la physique pure sont des sciences existantes, au sujet desquelles il y a lieu seulement de se demander comment elles sont possibles, non si elles le sont (III, p. /|2 48). Suit-il de là que pour lui la méthode analytique doive prévaloir sur la méthode synthétique ? Non certes. Qu'il ait mêlé négligemment deux façons dilTérentes de traiter son problème, dont l'une seulement a une pleine rigueur démonstrative, tandis que l'autre n'a qu'une valeur d'explication préparatoire et de commenlaire (Kiehl, Dcr philosophische Kriticismus, 1, p. 3'4 1-3^2, note); ou plutôt qu'en invoquant la certitude réellement reconnue de la science, il ait marqué que telle devait être la fin de sa démonstration, sans en faire pour cela le moyen (Vaihinger, Conimentar, I, p. 4i4. p. ^17): toujours est-il qu'il n'a pu songer à infirmer la portée supérieure on décisive qu'avait à ses veux la méthode synthétique. Et c est de la même façon qu'on peut résoudre la dilficulté semblable qui apparaît ici ; la vérité du jugement moral, telle que l'analyse peut la dégager, n'entre pas dans la démonstration de la Critique ; elle en est le terme.

2. Il était prêt pour l'impression à la fin de juin 1787, ainsi qu'en témoigne une lettre à Schùtz (^/iriefwec/isel, I, p. 4^)7).

3. La locution « raison pratique » se trouve par là définitivement fixée dans la terminologie kantienne. Que Kant fut porté à allier ainsi les deux mots, c'est ce qu'on peut voir dans son Programme des cours pour le semestre

LV CRITIQUE DE LA RAISON PRATIQUE /,iq

Pourquoi ne s'intitulait-il pas Critique de la raison pure pratique, comme il Teùtdû, d'après l'annonce delà Grund-

dlds'er I7G5-I7G6, où il dit que, par ses leçons sur la Géographie ses audi teurs apprendront ce qui peut « les préparer à une raiso'^ ^^1^1 ? ri " p. 320) Mais II est évident que cette alliance de mots a pourVui main enant une tout autre portée puisque la raison qui est pratique e^t une raTson pure Dans la CrUique de la raison pure, on peut bien saisir la trace de l'effoH encore inachevé fait pour la justifier en ce sens nouveau puisque Kant hT montrant par à qu'il y a une opposition à surmonter,Tla^ S„ ptre ,n ^

/)ia!,t/ue ^111, p à/|o), il dit encore plus voloiil ers la raison dans «,« "■;"g^ P!'"q"e- Dans la Crundiegu,,/ l, locution « raison pratiqué » es JT p "oTS"' '""''°'"' •"--'-'-- -""- svnony™e':ie «Tolmé „ Cette locution parait reproduire Vintellcclits practicin de la sml»«i;„„. 1. vo.: ^pa«:xd,- d'Aristote, et Sohopenbauer. dLs ..ZuLZttZai^^ *■«/</»« /««/,<;««<. a signalé cette identité littérale des terme en niauan; sommairement la dillércnce de sens (Die IVelt I n w! I T indiquant Walter, dans son livre /;,. ,./„. L "J ^;L /,e f F ^ ,„« , ,1"; Sr.ecluschen Pk,loso,>Jue. 187^, p. v, a donc eu tort de reprocher à Scho penhauer de n avoir pas observé qu'Arislote était, plus que 00"" rtes et nue Platon, a 1 ongine de cette formule d'une rai,u„ pralun'e • c'esl m,'?l M '^ reporté qu'à un passa..e du Fonden.eut de la i«,v ^ lU T Ts "sV' La signilication que Kant donne à lidée de la raison p atiqùe «t toui à f^ diirerenle de celle qu'a le voO; -f=<.T..xd.- chez Aristole Te voS - ,,- ' nest pas tel par lui-même; il le devient en vue de lo /et désir bie ■■'uinî est antérieur et qui seul est premier moteur; il ne meul qu'en se cimbinan avec le des^pour produire l'action. Sa vérité propre eousis'te en ce nue nar tant de a fin en vue, 1 établit au mojen d'un raisonnement régulier d^'^ie" délibération en forme, les conditions de la réalisation de celte fin^ on'ac.ivi é est donc essentiellement tliéorique. S'il se dislin..ue de la M' 7^ prosternent dite, c'est que celleli s'appliqu\ t u'fbMÎuUeTu" è eTu'r

Tson^ TvS''' -.■; ,-/r \lf , ''"""P"' P™-"' ^'- autres qu^ s yj n~ n, , T "'^ ^^ •>• ^^''"«'•. en particulier p. 25q.->r6 Ed /îeller, Dte PhUosophte der Griechen, II, 2. *^5^' édit., 1870 ,? Vsi'.SS-

'^S^Xàl'tt: ""'"" '" '■'""• ""'"" "' '""'"'' ^^ G.l'odie^: Schopenhauer, surtout dans son l'ondemenl de la morale (loc. cit ) estime et en grande partie justement, que l'origine de l'idée kantienne de traiTo" pratique es dans cette psjcbologie rationnelle dont Kant a prétendu cependan" démontrer inanité, plus précisément dans la distinction que Plat™ a nro posée, que Descartes a présentée en termes rigoureux, que Leibniz et WoTff ont rep„,e entre e pouvoir de connaître qu'e.erce l'àm; dins son rappor avec !

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"iiiUectiu parus : la forme inférieure et la forme supérieure > la voinnié également distinctes, sont corrélalives à ces deux pouvoirs de oûnaTtre îl aut seulement ajouter aux indications de Schopenhauer que la prient ^îi' dé Kant a ete de montrer que cette raison pure peit être pratique par elle même et par sa loi propre sans dépendre de la connaissance préalable d'un ob et Schopenhauer s eleve à ce propos (/He IVelt I n (ii^ «/, • /;„/ ' j-

entre l action raisonnable et l'action vertueuse. C'esl, dit-il. faL vioXnceàla

legiing\ et d'après son objet même? Ce ne pouvait être assurément à cause du dualisme que kant avait admis un temps entre le (( pur » et le « pratique »; car ce dualisme, dout il restait des traces visibles dans la première Critùjae, avait été éliminé de la doctrine développée par la Grundlegung. Et c'était bien du reste l'idée dune raison pure pratique que Kant se proposait ici avant tout de déte'rmmer et de justifier ; seulement 11 estimait que la Critique, comme discipline limitati\e. devait porter non sur la puissance pure, mais sur la puissance praticiue de la raison. (( Pourquoi, disait-il au début, cette Critique est intitulée, non pas Critique de la raison pure prati(iue, mais simplement Critique de la raison pratique en général, quoique le parallélisme de la raison pratique avec la spéculative paraisse exio-er le premier titre, c'est ce qu'explique sulTisamnienl ce traité. Ildoit seulement montrer qu'//y a une raison pure pratujue, et c'est dans cette intention qu'il en critique tout Ig pouvoir pratique. S'il \ réussit, il n'a pas besoin de critiquer h pouvoir pur lui-même pourvoir si en s'attribuant par simple présomption un tel pouvoir la raison n'excède passes droits (comme cela arrive à la raison spéculative). Car si comme raison pure elle est réellement pratique, elle prouve par le lliit même sa réalité ainsi que celle de ses concepts, et tout argument captieux dirigé contre la possibilité, pour elle, d'être ainsi est en pure perte'. )) Ici,

langue. Une conduite raisonnable est celle qui au lieu de se régler sur des impressions se règle sur des concepts, sans que la valeur morale en soit par a nécessairement définie : l'expression qui la qualifierait le mieux est celle de prudence. Elle s'oppose donc surtout à l'action irréfléchie et arbitraire, livrée au hasard des conséquences, liaison et vice peuvent fort bien aller ensemble, comme aussi déraison et générosité. Si la conduite raisonnable paraît souvent se rapprocher de la vertu en ce qu'elle implique une modération qui prévient tout excès, elle est aussi l'ennemie des actions sublimes et héroïques qui troublent l'équilibre d'une vie bien ordonnée. — Cette critique de Schopenhauer est visiblement liée à son idée propre de la raison et à ce qu'il y a d'antiralionaliste dans sa philosophie; c'est de très bonne heure qu'il l'a conçue (Cf. ses Anmerkungen zu Kant, de i8i3: Schopenhauer s Nachlass, Ed. Grisebach, III, p. 86).

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