‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 228 sur 345 · V, p. iio-iii · texte numérisé non relu

V, p. iio-iii

4. Kant étend ici le domaine que dans la Critique de la raison pure il assignait à l'analytique; car il y lait entrer l'esthétique. « L'analytique de la raison pure théorique, dit-il ici, se divisait en esthétique transcendantale et en logique transcendantale. » V, p. ^l\.

autrement dit, le sentiment moral. Il y am-a donc correspondance parfaite entre les divisions des deux Critiques. Seul Tordre des divisions sera interverti. C'est que la raison pratique ayant affaire à des objets, non pour les connaître, mais pour les réaliser, n'a pas à s'appuyer sur les données de l'intuition sensible, mais au contraire sur l'idée d'une causalité indépendante de loute condition empirique: au lieu donc d'aller des sens aux concepts et des concepts aux principes, c'est des principes que nécessairement elle doil partir-pour aller de là aux concepts et des concepts, s'il est possible, aux sens^ Cependant le motif de cette différence extérieure dans l'ordre suivi est trop profond pour ne pas exprimer ou prodiilrc une différence plus interne : et nous verrons en effet ((ue le genre de déduction aj)pliqué aux principes de la raison pure pratique sera à certains égards tout autre.

La présupposition de la Cnliqne de la raison prafirjiie paraît être celle-ci : il y a (les lois praticpies. Cette présupposition ne doit pas être cependanl confondue avec une simple acceptalion, sans preuves, de l'existence du devoir. Elle se justifie, dans la pensée de Kant, par deux sortes de considérations: la première, c'esl (pic, comme il le disait dans la Grundlcf/iinf/, (( tonte cliose de la nature agit d'après des lois ^)) et que toute loi véritable procède de la raison;

1. V, p. i6, p. oVqt — Où Kant manifeste bien le formalisme de son exposition, c'est quand il dit que la marche de ranalyti^pie doit être semblable à celle d'un raisonnement, qu'elle doit partir de l'universel qui forme la majeure (principe moral), pour aller au moven de la subsomption d'actions |TOssibles (bonnes ou mauvaises) sous ce principe, laquelle constitue la mineure, à la détermination subjective de la volonté (c'est-à-dire à l'intérêt qui s'attache au bien pratique possible), laquelle est la conclusion, p. gô. — ^. Adickes, Kant' s Sysleniati^, p. i\{).

Il n'est pas sans intérêt de signaler que la démonstration de la possibilité de principes pratiques a priori se présente au début de la Criiif/ue sous forme de déhnitions, de théorèmes, de corollaires, de scolies, de problèmes, rappelant par là une ambition familière aux métaphysiciens.

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