‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 24 sur 345 · LA PERSO?»^AMTE DE KANT · texte numérisé non relu

LA PERSO?»^AMTE DE KANT

sentir. Il était familier avec la littérature classique des anciens, surtout avec celle des Romains, dans laquelle sans doute il se plaisait à reconnaître la noblesse, la fermeté et comme la précision juridique de son propre esprit'. Mais sa passion intellectuelle dominante fut la science, la science de Newton que Knutzen lui révéla, et qu'il accueillit en lui avec l'assurance qu'elle ne porterait en rien atteinte à ses convictions morales et religieuses. Dans la science d'ailleurs ce qu il apercevait éminemment, en dépit de difficultés à résoudre etde contradictions à expliquer, c'était la raison prise sur le fait de son triomphe. Initié par son éducation Avolffienne à l'esprit de Y AufldaraïKj , il ne le critique que pour le dépasser ou pour le justifier autrement ; mais il ne le renie pas. Il défend cet usage public de la raison qui doit amener le règne des lumières parmi les hommes : il souhaite que l'humanité sorte de cet état de tutelle où elle ne manifeste son intelligence que sous la direction d'une autorité extérieure. Sapere aude, dit-il, telle doit être la devise de l'homme éclairé. Au nom de la raison il revendique la liberté du savant, garantie certaine, selon lui, d'un meilleur état politique : c'est de l'ascendant de la raison qu'avec son siècle il attend le progrès de la tolérance et une plus juste façon de traiter l'homme selon sa dignité ^

C'est aussi à éveiller la raison que tend avant tout son enseignement. Penser par soi-mênte, chercher par soimême, voler de ses propres ailes : ce sont des maximes qu il aime à répéter. Il s'inquiète de voir noter sans discernement sur le papier ce qui tombe de sa bouche, et il prévient ses élèves qu'ils doivent, non pas apprendre une philosophie, mais apprendre à philosopher \ Il use en toute indépendance des manuels qui doivent servir de texte à ses leçons. Il se

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