I. V. p. i36. — Cf. Die Religion, Varrede, VI, p
LA PTIIT.OSOPIÎU: PRVTJOIE DE RANT
possibilité du souverain bien. KanI adoplo définitivement le ternie de (( postulats' ».
Ce sont des postulats de la raison |)rali(pie : el. à ce titre, ils se distinguent des poslulals (jui relèvent de la raison théori(pie. Pourtant des pcxslulals (pii relèvent de la raison tlié()ri(|U(' paraissent contenir un élément pratl(pie. tandis (pie les postulats de la raison pratique contiennent un élémenl tliéoricpie : d'où la nécessité de recbercher (piel sens précis Kant dcnine à la distinction. Dans la ('.rilif/ifr Je la raison pare, Ivanl ne veut pas qu'on enlend(» par postulat une propositic^n reçue comme immédiatement certain(\ sans justilication et sans preuve ; ce sont, dit-il, de récents auteurs (pii ont imposé au mol cette signification, dilTérente de celle (pi'il a pour les matliémaliciens et (pii doit lui rester. Or pour les mathématiciiMis un postulat est une proposition prali(pie. qui ne contient rien de plus (|ue la synthèse par la(pielle nous nous doimons un objet et nous en produisons pour nous le concept: par exemple, d'un p<nnt donné, avec une ligne droite donnée, décrire sur une surface un cercle. Si une telle proposition ne peut être démontrée, c'est (|ue le procédé qu'elle réclame est précisément celui ([ui nous permet d'engendier la ligure. Cependant la possibilité de l'objet ainsi engendré est ailleurs tliéoriqueinent garantie : aussi l'action de le réaliser par telle méthode reste-telle subordonnée à des règles théoriques et n'ajoute-l-elle au fond rien à ce qu'il est selon son concept théorique. C'est en s'inspirani de ce sens que Kanf appelait les principes de la modalllé des postulats de la pensée empirique : ces principes, selon lui, n'étendent
I. « Je n*ai pu trouver de mcilicnr Icrmc pour désigner celte nécessité de la raison, qui est subjective, tout en étant vraie el inconditionnée. » V, p. ii, note. — \ . plus haut, p. '2'di; p. 309; p. Wa - \ • t^>nsl I.aas, Kants Stellun^ in dor Geschichte des Conflicls z\%ischcn (ilauhen und U'issen, i88j, p i5 sq. — V. l^orentz, Ueher dir Aufst(illnn;r ^on Poslulalen nls philosophische Méthode hei Kant, IMiilosophische Monatsiiefte, X\i\, p. 'ji2-'|o3. — VA. Scholling, Ahhandlungen zur llrlduterung des Idcdlisnius der H^issenscha/tsle/ire, Wer/ce, 1, p. :ii6,p. \!i\-!\Ô2.
LA CRITIQUE DE LA RAISON PRATIQUE
en rien le concept des choses mêmes et ne font qu'y ajouter, par la détermination des règles de leur possibilité, de leur réalité ou de leur nécessité dans l'expérience, leur rapport à notre façon de les connaître ; voilà pourquoi ils ne sont synthétiques que subjectivement'.
L n postulat, dans l'ordre théorique, avait donc aux yeux de Kant pour piincipal caractère de mar([uer l'action par hujuelle le sujet réalise pour lui une connaissance, sans étendre ou restreindre par là en ((uoi (|ue ce soit le conlenu essentiel de cette connaissance, et en se résrlant au fond sur ce qu elle implique : c'est dans cette mesure qu'il est subjectif Si dans l'usage qu'en font les mathématiques, il paraît contenir un élément pratique, c'est qu'il énonce la possibilité d employer, si l'on veut, tel procédé pour arriver à la connaissance de tel objet. Mais dans ce cas la relation de l'objet à l'action du sujet n'est pas immédiate : autrement dit, la nécessité de l'objet reste fondée sur une loi de lobjet même, non sur une action du sujet. C'est que cette action du sujet n'est pas pratique, au sens précis du mot; implicitement ou explicitement, elle obéit à des principes purement théoriques ; elle n'a pas en elle-même son principe propre. « C'est le terme de postulat de la raison pure pratique (pii pourrait surtout encore occasionner une méprise, si l'on en confondait le sens aACC celui qu'ont les postulats de la mathématique pure, lesquels impliquent une certitude apodictique. Or ces derniers postulent la possi/jililé du/ie action, dont on a auparavant reconnu a priori tliéoriquement avec une entière certitude l'objet comme possible. Celui-là au contraire postule la possibilité d un of/Jet même... d'après des lois pratiques apodictiques, et par suite uniquement au profit d'une raison pratique : car alors cette certitude de la possibilité postulée n'est pas du l(Hit théorique, et par conséquent apodictique ; c'est-à-dire que ce n'est pas une nécessité reconnue par rapport à l'objet.