V. p. l38 sq
2. V. p. 5, — Cf. la partie de V Analytique qui a pour litre : Du droit qu'a la raison pure, dans l'usage pratique, a une ejctension qui lui est absolument impossible dans l'usage spéculatif, et la partie de la Dialectique qui est intitulée : Comment est-il possible de concevoir une extension de la raison pure au point de vue pratique, sans étendre pour cela sa connaissance au point de vue spéculatif"? V. p. 53-(3o, p. iAo-i46 (v. également p. i38-i.'|o).
LA CRITIQUE DE LA RAISON PRATIQUE
titude apodictique d'une vérité première, puis par la considération du but final de la volonté, avec le caractère d'une vérité appropriée, qui est chose de foi': cela marque sans doute aux yeux de Kant la façon dont il faut désormais (( s'orienter dans la pensée ' » ; mais cela rappelle aussi qu'avant d'être expKquée comme foi de la raison la croyance pratique avait évoqué de son seul fait d'être pratique, et en dehors de la raison, ses titres de légitimité, et qu'en se rationalisant dans la suite, elle a tendu à préserver de toute altération et môme de toute transposition de sens son contenu initial.
Quoi qu'il en soit, cet acte par lequel la raison pratique rend constitutives et immanentes des idées qui étaient simplement transcendantes et régulatrices manifeste au fond l'accord des deux sortes de raisons et les garantit en quelque mesure l'une par l'autre'. On s'explique par là qu'en dehors de leurs usages positifs strictement hmités, d'une part la connaissance dans l'expérience possible, d'autre part la moralité par la loi pratique, il soit mal aisé d'étabhr rigoureusement dans la région où elles se rejoignent leurs apports respectifs. En un sens, on peut dire que pour Kant la raison pratique commence aux limites de l'entendement proprement dit \ s'il est vrai que les idées conçues par la raison ne sont pas en elles-mêmes indiflerentes à leurs déter-
1. V. plus haut, p. iSq. — V. l'usage que fait Kant, dans la Critique de la faculté de juger el ailleurs, de la distinction entre une preuve y.a-:aXr;0;tav et une preuve xaT'à'vOpforrov. V, p. 477. — VIII. p. 508.
2. A cette philosophie de la subjectivité, Hegel a de bonne heure objecté qu elle ne pouvait s'empêcher de supposer dans l'objet de la foi l'identité de l'idée et du réel, que le dualisme de la science et de la croyance résulte d'une conce|)tion de la raison exclusivement négative, et qu'appeler postulat l'affirmation de la réalité absolue de l'idée suprême est quelque chose d'irrationnel (C.lauben und Wissen oder die Reflexionsphilosêphie der Subiectivitdt, iU'r/;e, I, p. 47-5 1).
4. Cf. V Introduction à la Critique de la faculté déjuger. — V. plus haut, p. 5o9-5io.
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mlnalions ultérieures, mais qu'elles les appellent et qu'elles y tendent'. En un autre sens, on peut dire que la raison pratique ne commence qu'avec la position du principe moral, si avant ce moment les idées delà raison ne sont pas sûres d'avoir, non pas même tels objets, mais un objet en général'. A la vérité, sous la dualité des usages, (( il n'y a toujours qu'une seule et même raison, qui, au point de vue théorique ou au point de vue pratique, juge d'après des principes a priori'' ». Mais la reconnaissance de cette unité de la raison ne doit non plus jamais abolir la dualité des usages. Le rapport à l'objet, défini en fonction de la raison pratique, ne peut point être représenté dans une connaisg.^,^ce. — ni dans une connaissance comme celle que nous procure la science, et qui ne peut jamais dépasser l'expérience, ni dans une connaissance comme celle dont rêvent, avec les métaphysiciens dogmatiques, les théosophes et les
mystiques.
Suit-il de là que la raison théorique et la raison pratique doivent rester en présence et se coordonner l'une avec l'autre, sans plus .^ Ce serait les exposer à un constant conflit, et aussi méconnaître le caractère qu'elles ont d avoir, en dehors de leurs conditions générales communes, des intérêts propres par lesquels elles peuvent se comparer. L'intérêt de la raison spéculati\e, c'est de pousser la connaissance jusqu'aux principes a priori les plus élevés : supposé qu'elle puisse atteindre pleinement cette fin et qu'elle n'ait pas à avouer l'existence, en dehors d'elle, de principes pratiques originaux: elle aurait le droit de se considérer comme la mesure du tout, même delà valeur de nos besoins pratiques. Mais il se trouve que ses prétentions à étendre la connaissance jusqu'au point extrême où elle voudrait la pousser sont illégitimes ; il se trouve que la volonté pure a ses lois à elle, et que par ces lois se découvre