Ihid., p
beauté peut donc être le «véhicule » de la moralité, comme de la vérité.
Sur le sens et le rôle de la notion de finalité, Kant avait, dès le début de ses spéculations, nettement manifesté sa pensée. Nous savons comment dans son Histoire générale (le la nature et théorie du ciel, tout en étendant au problème des origines le mode d'explication que Newton avait fourni de l'univers matériel, il avait soutenu qu'à cause des limites de nos facultés nous ne pouvons expliquer (( clairement et complètement » la production du moindre être organisé comme nous pouvons expliquer la formation des corps célestes et de leurs mouvements : il avait donc admis un usage indispensable de la notion de finalité, mais en prenant soin que cet usage ne devint, sous l'inlluence de dispositions anthropomorphiques, un abus contre les droits de la science'. — Plus tard, dans Y Unique fondement possifjle d'une dénionstration de Vexistence de Dieu, s'il avait signalé les vices logiques de l'argument fondé sur la finalité delunivers, il avait aussi proclamé l'efTicacité pratique de cet argument, très approprié, selon lui, aux intérêts de la saine raison". — Conformément à cette double tendance, il avait, d'une part, dans la Critique de la Raison pure, exclu de la déduction des concepts purs de rentendeiiicnt la notion de finalité ; mais, d'autre part, en traitant, dans la Dialectique transcendantale , de l'usage régulateur des idées, il avait montré comment l'unité systématique de la connaissance totale, problème nécessaire de la raison, ne peut être poursuivie que par la supposition de principes tels que le principe de l'homogénéité, le principe de la spécification et le principe de la continuité des formes \ Or ces