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LA CRITIQUE DE LA FACULTÉ DE JUGER
en dehors de tout jugement, tandis que le bon, qu'il nous agrée comme simple moyen ou qu'il nous agrée par luimême, qu'il soit seulement l'utile ou qu'il soit le bien moral, est posé par un jugement de la raison. Or d'un côté le beau n'est point l'agréable parce qu'il suppose une certaine réflexion ; de l'autre, il n'est point le bon parce qu'il n'est assujetti à aucun impératif. La satisfaction du beau est la seule satisfaction hbre, étant hée uniquement à la contemplation, indifTérente qu'elle est à la réahté des choses*. Et cette satisfaction est en outre proprement humaine ; il y a de l'agréable pour les êtres dépourvus de raison comme les animaux ; le bon existe pour tout être raisonnable en général ; il n'y a de beau que pour les êtres à la fois raisonnables et sensibles, pour les hommes ". Quels que soient les rapports que l'on puisse apercevoir entre le beau et le bon, il faut se garder de confondre certaines apparences de la moralité avec la moralité même. « Il y a des mœurs (de la conduite) sans vertu, de la politesse sans bienveillance, delà décence sans honnêteté. Caria où parle la loi morale il n'y a plus objectivement de liberté de choix concernant ce qu'il faut faire ; et montrer du goût dans sa conduite (ou dans l'appréciation de celle d'autrui) est tout autre chose que manifester une disposition d'esprit morale; en effet la moralité contient un commandement et produit un besoin, tandis qu'au contraire le goût moral ne fait que jouer avec les objets de sa satisfaction sans s'attacher à aucun ^ »
Au point de vue de la quantité, est beau ce qui est représenté comme l'objet d'une satisfaction universelle, et cependant sans concept. Cette définition du beau peut être tirée de la précédente. Ce qui est désintéressé, étant en effet indépendant de toute inclination, ne peut avoir son principe dans l'état particulier du sujet et doit être fondé sur quelque chose d'universel. Parla le jugement de goût