‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 278 sur 345 · V. p. i33-iSi, p 438, p. 4oi, p. 4i · texte numérisé non relu

V. p. i33-iSi, p 438, p. 4oi, p. 4i

LA CRlrrOUE DE Ï.A FACtl.TE DE JUGER

la loi qu, lu, est propre tout le système de la nature. Par là aussi lu finahlé externe a pris un sens, quoique toujours subordonne a celu. de la finalité interne : c'est ainsi que la terre I au-, l eau qui n'ont aucune finahlé interne ont cependant une finalité externe, cest-à-dire qu'ils .sont des moyens pour d'autres èlres ; mais il faut que ces derniers soient des êtres organisés : l'eau, la terre et l'air n'existent pas pour la formation des montagnes. De plus, dans les rapports qu ont entre eux les èlres organisés, si l'on ne veut pas qu ds restent isolés, il doit y avoir place pour la finalité externe ; des productions qui sont fins de la nature sont moyens pour d'autres productions. Seulement la ,,uestion se pose de savon- .p.elles sont, à ce point de vue, celles nui sont moyens et celles qui sont fins, et cette question ne peut être ver.lable.ncnl résolue que si l'or, sait quelles sont celles a qu. convient le litre de fins dernières. Or, quand on parcourt la nature, on a bien de la peine à fixer un critère suprême qui permette d'établir la hiérarchie des moyens et des fins. On pensera peut-être que le règne végétal avec son immense lecondité. existe pour le règne animal et afin de lu, permelti-c de se répandre sur toute la terre en espèces Nai-iees, que les animaux herbivores existent pour l'ahmentalion des animaux carnassiers, que le règne végétal et le règne animal ensemble exislenl. pour l'hom.ne et pour les <l.vers usages .pic son intelligence lui apprend à en fai.e qu enfin I honnne est la lin dernière. pa,-ce que seul il est capable de se œprésenter des fins par sa ,-aison. Mais ce qui mo.il,-e b.e., à quel point la réflexion sur ces ,-apporls de l|>-able est n.certaine, c'est qu'on peut les .elou.ner et d.i-e avec L.nné (|ue les animaux he.bivores existent pour mode.-er la végétation luxuriante des plantes qui, sans cela elouflc-ajl beaucoup d'espèces. (|uc les ani,nauxcarnassie,-s existent ponr meltre des bor-nes à la voracité des animaux herbivores, que Ihomme enfin, en usant des animaux et en en di.mnuani le nombre, contribue à établir un certain equd.bie entre les puissances productrices et les puissances

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destructrices de la nature : l'Iiomme serait donc à cet égard un simple moyen. Aussi bien il ne semble guère que la puissance des éléments matériels se soit exercée en laveur des êtres organisés ; au contraire, c'est souvent contre eux qu'elle paraît se décbaîner sons rinfluence du plus aveugle mécanisme. Il V aurait là de quoi confondre notre intelligence en quête de causes finales, si nous ne prenions pas garde qu'elle clierche mal. il ap|)araît. en ellbt, que la fin dernière de la nature ne peut se rencontrer (jue dans un ctre qui, tout en faisant partie de la nature, la dépasse en quelque façon et la domine. Or, avant toute autre condition, un être qui prétend être fin dernière doit être capable de concevoir par lui-même des fins : sans quoi il serait au pouvoir de tout autre être qui, ayant cette capacité, pourrait le convertir en simple moyen. Si donc il y a un être (|ui soit le but final Eiuhweck de la nature', ce ne peut être que

l'homme".

Cependant, pour être but final, ce n'est pas assez (jue l'homme puisse se représenter des fins ; il faut encore (|ue la règle selon laquelle il se les représente ne le remette pas sous la dépendance de la nature sensible. Or, lorsqu'il prend pour règle de poursuivre le bonheur, il se foime de cette fin une idée si incertaine et si changeante, qu'on ne voit pas comment pourrait s'y rapporter une nature soumise à des lois fixes et universelles : même s'il remplit cette idée avec l'objet des besoins les plus impérieux et des désirs les plus constants, il ne saurait jamais atteindre ce qu'elle promet, car il ne peut jamais ni s'arrêter dans la possession, ni se contenter dans la jouissance : il se met en opposition avec lui-même comme avec ses semblables; enfin, loin de

I. Kant applique ce terme AKndzMPcIi non seulement à l'homme considéré comme but final de la création, mais encore, ainsi que nous le verrons, à l'objet de la volonté qui se conforme à la loi, c'est-à-dire au souverain bien, «'t même au principe pour lequel agit la (lause intellitrenlc du mondr, et qui est du reste le just»- accord de la vertu et du bonlienr pour le sujet moral. \ . notamment V, p. 4t)o, p. '.\()<^-\-;o, p. \S'\. — Cf. Ileicke, Lose Bldlter, H, p. Sai.

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