I. VI, p
Non pas certes que son sacrifice ait anéanti d'un coup le mauvais principe, qui subsiste encore ; mais il a brisé tout au moins sa puissance et il a ouvert le règne de la liberté à ceux qui veulent aussi mourir à tout ce qui est mal.
Ainsi dépouillé de son enveloppe mystique, qui seule lui pennettait en son temps de se faire entendre, le récit de l'Ecriture contient un sens pratique valable pour tous les temps : à savoir qu'il n'y a de salul pour riionime que par une régénération radicale, car l'ennemi à comballre n'est pas la simple sensibilité, comme on le dit souvent, c'est une perversité essentielle, qui est avant tout iliusselé, et qui ne peut être vaincue que par Tidéedu bien conçue dans sa pureté parfaite, par le bon principe. Mais le bon principe, en exprimant dune façon réelle quoique incoinprébensible, runion de la sainteté avec une nature sensible, n'a pas été seulement présent à une certaine époque : il a de toute éternité son liabilation parmi lesliommes'.
De la sorte la Ueligion doit avant tout regarder la bonne volonté comme condition première et comme critère de la justification; elle n'a pas besoin de s'appuyer sur des signes extérieurs qui attestent, même quand ils portent à croire, un fond irréductible d'incrédulité intérieure: la Religion morale doit rendre superilue la foi aux miracles. Sans doute lorsqu'une Hcligion de simple culte et d'observances toucbe à son terme, laissant la place à une Ueligion fondée en esprit et en vérité, on conçoit que la Religion nouvelle s'introduisant invoque des miracles elle aussi, afin d'enlever à la Ueligion ancienne son appui et d'en annoncer extérieurement la fin : on conçoit même que la Religion nouvelle, pour lui gagner ses fidèles, se donne comme l'accomplissement de ce qu'avait préparé et figuré la Religion ancienne. Mais une fois la Religion morale^établie, il est oiseux de discuter sur les miracles qui en ont signalé l'origine. On peut vénérer en eux l'enveloppe sym-