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LA PHILOSOPHIE PaVTIQlE DE KANT
croyances'. Mais Ton est toujours porté a prendre radhésion à telle Eglise pour la foi religieuse elle-même : les guerres dites de religion qui ont ensanglanti' l'histoire ne portaient pas au fond sur la Religion même, mais sur la prépondérance réclamée par une certaine forme de constitution ecclésiastirpie. Or, quelle que soit la prétention dune Eglise particulière à être l'Église universelle et à traiter d'incrédule, d'hétérodoxe et d'hérétique quiconque n'admet pas pleinement sa règle de croyance, il ne peut y avoir, en réahté, comme Église vérilahlement universelle que l'ÉMise invisihle. qui ne prononce, elle, aucune exclusion et dont la secrète influence devrait sans cesse inviter les É"^lises existantes à élargir les formules de leur orthodoxie'.
Dès (|u une foi historique est reconnue nécessaire comme véhicule de la foi de la raison, il faut admettre que ce qui lui permet de se conserver, de se répandre sans s'altérer, de retenir tout le respect du à la révélation dont elle est issue, c'est moins la tradition qu'un livre. Un Livre saint acquiert auprès des hommes, même de ceux qui ne le lisent pas (et c'est le plus grand nomhrc) la plus vénérable autorité ; il permet de couper court à toutes les discussions par celte parole : Cela est écrit : il renferme des passages qui
I. Dans ce qui est proprement la Religion, dit Kant ailleurs, il ne saurait v avoir de ditlerences de sectes ; car en elle même la Religion est une, universelle et nécessaire, par suite immuable. Les différences de sectes ne peuvent se rapporter qu'à la loi définie par une Eglise, et elles proviennent delà tendance qu a cette toi a s imposer comme absolument valable, sans justification par la toi de la raison. On dit souvent que les diflérences desectes sont un bien, parce quelles témoignent de la tolérance du gouvernement; mais alors c'est le gouvernement qu'on loue voilà tout. Il ne .faut pas considérer comme bon par lui-même un étal de division qui traduit mal l'unité et l'universalité de l'Église invisible. Les différences de sectes peuvent se justifier quand elles ne sont que des différences dans la façon d'apprécier le degré d'efficacité qu'ont les diverses enveloppes sensibles de la Religion pour préparer le dégagement de la pure Kebgion dans son esprit et dans sa fin, qui sont 1 amélioration morale de I homme, tn ce sens protestants et catholiques éclairés peuvent, non pas se confondre sans doute, mais se regarder comme frères dans la même foi Autrement dit, 1 essentiel est que des sectes ecclésiastiques ne deviennent pas des^ sectes religieuses dans le fond. - Der Stveit der Facultdten, VII, p. 065-070. '