I. VII. p. 75-83, p. iio-iii
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LA FMm-OSOPlIlE l'HATlOl K DE KA>T
une obligalioii qui résulte aiial> ticjuemeiil de la notion même de droit'.
L'acte par lequel le peuple se forme en État, ou plutôt la simple idée de cet acte, (|ui autorise à le concevoir connnc légitime, c'est le contrat originaire en vertu ducpiel tous et cliacuu se dessaisissent de leur liberté extérieure pour la reprendre aussitôt comme membres d'une république'. C'est la pensée de Kousseau, avec celte dilleieiice que, pour Kant, l'homme en formant l'État n'a |)as eu à sacrifier à cette fm une partie de sa liberté extérieure primitive ; il n'a fait ((ue rejeter de sa liberté ce cju'elle avait de sauvage et d'étranger à toute loi pour la retrouver intégralement dans uu ordre de dépendance légale, issu de sa propre volonté législative'.
La cité se forme et doit se conserver suivant des lois de liberté, c'est-à-dire (pi'elle n'a pas pour objet le boidieur descitovens. Le bonheur des individus serait sans doute plus assuré, comme la alïirjné Kousseau, dans l'état de nature, ou bien encore sous un gouvernement despoticjue : le type du gouvernement (les|)(Ui(pie, c'est en elTet ce gouvernement paternel qui traite les sujets comme des enfants mineurs et se charge de les rendre heureux pourvu qu'ils soient bien obéissants '. Mais le vérituble bien public con-
I. MI, p. 107, p i3o-i3i. — Sur ia théorie du droit public duns Kant, V. Hluntschh, (.t'srhichtp der neueren Statswissenschaft, 3'' éd , 1881 p. 372-391 — lleiirv Michel, Vidée de CÉtat, 2^ éd., i8()G. p. 47-52.
2 11 n'est pas du tout nécessaire, avait dit Kant ailleurs, de supposer ce contrat comme un fait et de chercher à établir historii|uement, — ce qui du reste est impossible, — qu'un peuple qui nous a transmis à cet égard ses droits et ses obli-alions accomplit un jour un acte seinhlablo, afin de conclure de là, comme Daiilon, le respect que nous devons à la conslitulion civile existante. Le contrat primitif est une simple idée de la raison, qui lie le législateur et lui impose d'édicler ses lois comme si elles exprimaient la volonté collective de tout le peuj.le. — Ceber den (iemeiiisprutli : Dus ma» in der Théorie richtif^ sein, etc., VI, p. 339, p. 334-335. - Kant avait également distingué le contrat social des autres contrats par ce caractère, qu'il n'est pas seulement une union des personnes pour une fin commune, mais qu'il a pour fin l'union même, qu il se présente en outre aux hommes comme un devoir premier et inconditionné pour le règlement de leurs rapports réciproques d'action. — Ibid., p. 32i. rr i ^