‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 333 sur 345 · I.A PIlir.OSOPlIIE PRATIQL'E DE KANT · texte numérisé non relu

I.A PIlir.OSOPlIIE PRATIQL'E DE KANT

la peine. C'est donc en principe la loi du talion qui en détermine la nature et l'étendue : le vol sera puni d'une amende, l'offense dune humiliation, le meurtre de la mort. Par un sentiment d'iiuinanilé mal entendu et par une conception sophistique du droit, Bcccaria a soutenu que la peme de mort était illégitime, parce que personne n'a pu dans le contrat primitif disposer ainsi de sa propre vie. Mais ce n'est pas pour avoir voulu la peine, c'est pour avoir voulu ruclion punissable que l'on est puni, et la personne qui en un individu a édicté la loi pénale, la personne législatrice, est sainte : elle n'est pas en lui la même que celle qui encourt l'application de cette loi. Au surplus, ce n'est pas le meurtrier cpii prononce sur lui-même la sentence de culpabilité et se prive de la vie; c'est un tribunal distinct de lui qui en juge. Le souverain ne doit donc com.ailre (|ue la stricte justice ; le droit de giAce (pi'on lui attribue, s'il fait ressortir sa grandeur avec plus d'éclat, risque fort d'être injuste ; il ne saurait en effet s'appliquer aux déhts ou crimes des sujets 1,-s uns envers les autres, car alors il empêcherait les sujets lésés de recevoir la réparation (pii leur est duc. Il ne peut guère s'exercer, cl encore réserve laite des droits de la sécurité publique. (,ue dans les cas où c'est le souverain qui a reçu l'offense, dans les crimes de lèse-majesté '.

Nous venons de voir ce que doit ùlic la constitution juridique d un peuple : mais les divers peuples sont les uns vis-a-vis des autres dans un état de nature, et cet état de nature, dans lequel règne inévitablement la raison du plus fort, est un état de guerre, même quand il n'y a pas d'iioslilile déclarée. Il est donc nécessaire que h communauté des nations s organise juridiquement comme est juridique-

Page 1