I. Vil. p. 183-189, p. iy*^-np' V- ^i^^- 3. M!, p. 200-joi
der la faculté de se poser à lui-même ses fins selon son
idée du devoir'.
Ces deux règles : (( Recherche ta propre perfection » et (( Travaille au bonheur d'autrui », ne peuvent donner lieu à des devoirs stricts : non pas qu'elles n'énoncent une obh- «^ation stricte en elle-même : mais les actes qu'elles commandent ne peuvent être déterminés avec la môme rigoureuse précision (pic les actes qui relèvent du droit. Je dois cultiver en moi toutes les facultés nécessaires à l'accomplissement des fins prescrites par la raison. Mais comment me donner cette culture et jusqu'où dois-je la pousser.^ Si je dois n'estimer la valeur des actions que par la pureté du mobile, comment me juger à cet égard avec la sûreté que comporte l'évaluation des actes extérieurs.^ Si je dois faire aux autres le sacrifice d'une partie de mon bien-être, jusqu'où ce sacrifice doit-il aller .^ Il y a là pour ma décision d'inévitables latitudes. Aussi TÉthique conduit-elle nécessairement à des questions qui forcent la faculté déjuger à décider comment une maxime générale doit être apphquée aux cas particuliers, c'est-à-dire à trouver pour ces cas une maxime subordonnée. De là le rôle de la casuistique. La casuistique ne doit pas affecter le caractère d'une doctrine dogmatique, mais se présenter comme un exercice destiné à chercher la vérité : elle s'ajoute à la science comme les apphcations s'ajoutent aux théorèmes et résolvent les problèmes posés par l'expérience. Ainsi, malgré le rigorisme de sa doctrine fondamentale, Kant ne prétend pas réduire à la simphcité de quelques formules l'extrême diversité des cas que présente la vie. Il juge inexact à cet égard le principe stoïcien, selon lequel il n'y a qu'une seule vertu et
qu un seul vice".
Mais il n'entend pas pour cela adopter la sentence aristotéhcienne, selon laquelle la vertu est un juste milieu entre deux vices extrêmes, pas plus que les formules de sagesse