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-To5 LA PHIT-OSOPHIE PR VTIOrE DE KA>T
courante qui s'v rattachent: la dilTérence entre la vertu et le vice ne peut être de degré : elle est de nature ; elle résulte de la dilTérence irréductible des maximes que nous adoptons pour régler notre conduite'. 11 n'entend pas non plus que la connaissance empirique des circonstances dans lesquelles les hommes sont placés serve à délinir, par la puissance qu'on leur prête, le degré d'obligation (pii s'impose à eux : la puissance au contraire se déduit du devoir qui commande catégoriquement, et la vertu ne saurait être une simple prudence, tirée de l'expériepce '.
Qu'est donc la vertu ? La vertu est la force morale que montre par ses maximes la volonté dans l'accomplissement de son devoir : elle suppose une contrainte que l'homme exerce sur lui-même par la seule idée de sa raison législative, et un courage qu'il déploie contre un emiemi tout intérieur, à savoir ses Inclinations naturelles. Elle exige d'abord Tempirc sur soi-même : elle impli(pie, dans le vrai sens du mot, cette arâOsta morale, qui n'est pas une indifférence subjective à l'égard des objets de la volonté, mais cette tranquillité d'ame qu'accompagne le ferme propos d'obéir au devoir : état vraiment sain, et préférable même à cet intérêt enthousiaste dont on se prend parfois pour le bien, et ([ui n'est trop souvent qu'une fièvre passagère dont l'excès est bientôt suivi d'atonie. Telle est la vertu: considérée objectivement, elle est un idéal inaccessible qui exige que nous reprenions sans cesse notre cITort, (pie nous ne nous laissions pas saisir par le mécanisme des habitudes, même des bonnes habitudes : elle est donc pour nous subjectivement un état de lutte, qu'on a pu élever au-dessus de la sainteté même, parce que celle-ci ne comporte pas la nécessité, ni le mérite de lutter. Illusion certes, mais qui s'expHque : car la vertu est pour l'homme le seul véritable titre de gloire. En la possédant l'homme est libre, sain, riche, roi, n'a rien à craindre du hasard ni de la destinée ;