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LA DOCTROE DE LA VERTU
dans son goulTre tout le règne des êtres comme une goutte d'eau. Cependant 1 amour et le respect ne sont pas ici de simples sentiments, que Ton ne pourrait alors sans contradiction être tenu à avoir : ils sont essentiellement des maximes pratiques. Le devoir d aimer ses semblajjles, c'est le devoir de faire siennes leurs fius pourvu cprelles ne soient pas immoral(»s : le devoir de les respecter, c est le devoir de n user jamais d eux connue de simples moyens pour ses propres fins '.
Le devoir d'auiour a sa forumU» hicn comme : Aime ton prochain comme toi-même. Entendu connue il doit 1 être, il ne dérive^ ni dun intérêt bien compris, ni d une inclinatiou [)lus ou moins Ibrte selon les iudividus et selon les cas, mais du rapport réciproque des liouimcs tel (pie la raison nous îe fait concevoir par l'idée dime législation uni\erselle. Il comprend les devoirs de bieufaisance. les devoirs de reconnaissance, les devoirs de synq)atliie". La bienfaisance est la maxime qui consiste à se proposer pour but le le bonlieur des autres, à aider selon ses moyens ceux cpii sont dans la misère à en sortir, sans rien espérer en retour ; elle est d autant plus méritoire qu tdle-même se considère davantage* comme obligatoire: h' vrai bienfaiteur, loin de faire sentir le prix de ses services, doit se croire connue honoré par celui qui les accepte : il doit du reste les rendre le plus possible en secret '. — La reconnaissance est la maxime (|ui consiste à honorer une persomie pour le bien (pie Ton a reçu (relie: elle ne doit êlre m une habile façon de se ménager de nouveaux services, ni un moven puremeni extérMMir d acMpiitter une délie, ni une sorte d alleclion humiliée et passive. Elle ne sappli(jue pas seul(Mueut aux
vivants ; elle peut s'étendre aux morts, aux ancêtres dont l'œuvre nous a faits ce que nous sommes : de là cette vénération des anciens, qu'il faut maintenir contre le mépris et les railleries des esprits jeunes ou émancipés, mais qui ne doit pas être pourlanl une loi superstitieuse dans l'universelle supériorité de ceux (pu nous ont précédés '. — Enfin la sympathie est la maxime (pii consiste à prendre une part active au sort daulrui : comme état de simple sensibilité qui nous fait éprouver j)ar contagion les plaisirs et les peines de nos semblables, il ne saurait être commandé, mais ce n'est pas moins un devoir de cultiver et même d'exciter les sentiments sympathiques de notre nature, de nous en servir comme d'un moyen qui nous aide à nous intéresser prati- (|uenient à la condition des autres. La sympathie active ne doit pas se laisser coni'ondrc avec la pitié, qui n'est qu'une la(;on d'accroître la misère du monde sans le pouvoir effectif de l'alléger". — Aux vertus qu'exige le devoir d'amour s'opposent comme vices l'envie, l'ingratitude, la joie du malheur d'autrui : vices détestables qui abondent en sophismes plus ou moins spécieux pour s'excuser, qui anéantissent l'humanité en nous, et contre lesquels il faut rappeler la belle déclaration de Chrêmes dans Téreucc : Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m'est étranger '.
Le devoir de respect a aussi sa formule nettement établie : L'homme ne peut traiter ni ses semblables ni lui-même comme de simples moyens : il doit les traiter aussi comme des lins en soi. On ne saurail classer ici les diUérentes espèces de resp(*rl (jiiil faut témoigner aux autres <v\on les cas, les situations, les fondions, l'âge. En outre, comme le devoir de respect est négatif, il peut être défini j)lus