‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 38 sur 345 · CRITIQUE DES CONCEPTS MORAUX · texte numérisé non relu

CRITIQUE DES CONCEPTS MORAUX

thématique, il donne une certitude morale, qui déjà peut suffire pour la vie et qui en tout cas prédispose à l'acceptation d'une preuve plus rationnellement concluante \ Reimarus l'a à bon droit présenté comme conforme à la saine raison. Mais ce n'est pas la raison démonstrative qui peut s'en satisfaire pleinement : en dehors d'elle n'y aurait-il pas une autre raison ? C'est ce que Kant semble déjà pressentir.

Au surplus, la prétention de déterminer le réel par des cri tèrespurementlogiques n'a pas été sans dénaturer la réalité morale elle-même. C'est cette prétention que Kant combat essentiellement dons les écrits de cette époque. Sa Tentalive d'introduire dans la philosophie le concept des quantités négatives^ a pour objet d'établir en thèse générale que l'opposition réelle est irréductible à l'opposition logique, qu'elle est définie, non par une relation comme celle de non-A à A, mais par une relation comme celle de — A à-t-A, en d'autres termes qu'elle ne relève pas du principe de contradiction. Logiquement, une chose n'admet pas de prédicats opposés ; dans la réalité, elle comporte ces prédicats. Par exemple, si l'opposition réelle se ramenait à l'opposition logique, l'impénétrabilité ne serait que l'absence de l'attraction, la douleur que le manque de plaisir, le vice que le défaut de vertu. Mais il n'en est pas ainsi. La cause de l'impénétrabilité est une force véritable qui s'oppose réellement à l'attraction ; de même la douleur et le vice ont des attributs réels qui s'opposent à ceux du plaisir et de la vertu. Ces remarques, selon Kant, ont une application particulièrement utile dans la philosophie pratique. Le démérite n'est pas simplement une négation logique, c'est une vertu négative selon l'acception des mathémati-

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