‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 45 sur 345 · INFLUENCE DES ANGLAIS ET DE ROUSSEAU · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES ANGLAIS ET DE ROUSSEAU

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a du surtout lui révéler, c'est Texistenee de ce sens moral, auquel Shaftesbury n'avait accordé qu'un nMe secondaire et dérivé, et qui apparaît, sans aucune présupposilion d idée innée, ni de connaissance, comme un principe primitif et . direct d'estimation des actes humains ^ Enfin il est possible que Hume l'ait surtout i-ntéressé à ce moment par sa façon de philosopher, en de libres essais, sur les causes (uii exphquent les dilVérences et les ressemblances des mœurs, par son ingéniosité à démiHer les nuances delà morahté diffuse dans la vie sociale \ Kant en tout cas reçoit de

I. Borowski témoigne du soin tout particulier avec lequel Kant avait, sur les questions morales, étudié Hutcheson. Darstellung des Lehens and Charakteis Imniaiiucl Kanls, p. 170. — Hutcheson disait : « L'auteur de la Nature nous a portés à la vertu par des moyens plus surs que ceux qu'il a plu à nos moralistes d'imaginer, je veux dire par un instinct presque aussi puissant que celui qui nous excite à veiller à la conservation de notre être. 11 a mis en nous des affections assez fortes pour nous porter aux actions vertueuses et donné à la vertu une apparence assez aimable pour que nous puissions la distinguer du vice, et devenir heureux par son acquisition. » Recherches sur Cori^ine des idées que nous a\'ons de la beauté et de la vertu, traduit sur la quatrième édition anglaise, 2 vol., Amsterdam, 1749, t. I, p. 7. « Le sentiment moral que nous avons de nos actions ou de celles des autres a cela de commun avec nos autres sens, que, quoique le désir d'acquérir la vertu puisse être contrebalancé par l'intérêt, le sentiment ou la perception de sa beauté ne saurait l'être » Ibid., t. II, p. 3o (ainsi Kant professera que si notre volonté est faillible, notre jugement moral est quasi-infaillible). « Ce sentiment moral, disait encore Hutcheson, non plus que les autres sens ne présuppose ni idée innée, ni connaissance, ni proposition pratique. On n'entend par là qu'une détermination de l'esprit à recevoir les idées simples de louany;e ou de hlàme à l'occasion des actions dont il est témoin, antérieure à toute idée d'utilité ou de dommai^e qui peut nous en revenir. Tel est le plaisir que nous recevons de la régularité d'un objet ou de l'harmonie d'un concert, sans avoir aucune connaissance des mathématiques, et sans entrevoir dans cet objet ou dans cette composition aucune utilité différente du plaisir qu'elle nous procure. » Ibid., t. II, p. 47- « Ce sentiment moral n'est point fondé sur la religion. » Ibid., t. II, p. 35.

2. La première mention que fait Kant de Hume se trouve dans le dernier chapitre des Observations sur le sentiment du beau et du sublime, qui traite des Caractères nationaux, II, p. 276, et elle se rapporte à une note de V Essai de Hume sur les Caractères nationaux, éd. Black et Tait, 1826, Edimbourg, HI, p. 236. Il est bien visible que le chapitre de Kant a été ins-

)iré par V Essai de Hume. — A ce moment, il n'est pas douteux que IIuuk

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n'ait agi sur Kant : mais de quelle façon et jusqu'à quel point? Bcnno Erd

(luence de Hume, dans la période de 1760, a été restreinte à des questions de morale et d'observation sociale, que Kant à cette époque, voit dans Hume,

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