L.V PHIIJJSOPIIIE l>l\ATIQLE DE KANT
Kant soit disposé à radniullre entièrement et définitivement. Sans doute il redit que les sciences ne sont pas la fin essentielle de la vie : (( Si une chose n'est pas faite pour la durée de la vie, ni pour ses divers âges, ni pour la plupart des hommes, si enfin elle dépend du hasard et n'est que difficilement utile, elle n'est pas essentielle au bonheur et à la perfection de l'espèce humaine. Combien de siècles se sont écoulés avant que la vraie science existât, et que de nations il y a dans le monde ([ui ne la posséderont jamais î Il ne faut pas dire ([ue la nature nous appelle à la science parce qu'elle nous a donné la faculté de savoir : car, pour ce qui est du plaisir attaché à la science, il peut n'être que mensonger'. )) Mais si les sciences engendrent la vanité et la corruption, elles peuvent cependant nous mieux servir: elles peuvent nous rendre plus habiles, plus prudents, plus sages, nous remettre dans une situation plus conforme à notre vraie nature " : portées à une certaine hauteur, elles corrigent les maux qu'elles-mêmes ont faits: sinon directement, du moins indirectement elles peuvent contribuer à la moralité \ Elles ne sont funestes que pour être sorties de leur rôle, pour avoir dévelop|)é le ffoiit du luxe et fourni les movens de le satisfaire. Elles
en arrière dans l'état de nature. 11 admettait que riionunc est bon par nature (de la façon dont la nature se transmet), mais bon d'une manière négative, cest à dire qu'il n'est pas de lui-même et volontairement niécliant, (ju'il est seulement en danger d'être gâté et corrompu par des exemples et des guides mauvais ou maladroits. Mais comme il faut encore pour cela des liommes bons, qui auraient dû être élevés pour cette fin même, et comme il n'en est sans doute aucun qui n'ait en lui une corruption (innée ou acquise), le problème de l'éducatioti morale pour notre espèce reste insoluble, non seulement quant au degré, mais encore quant à la qualité du principe. » Anlliiopoiogie in pragmatischer Hinsuht, Vil, p. Or)!-!')."):^. - En établissant dans U Doctrine de la sertu que l'bomme doit cultiver ses facultés, Kant repousse comme principe de cette obligation l'avantage qu'on retire de cette culture : car il est possible, comme l'a dit Rousseau, que l'avantage soit plus grand à rester dans l'état de nature : c'est pour obéir au devoir que l'Iiomme doit tàcber de perfectionner ses aptitudes. Die Metaphysik der Silten, 1! Tlitil. MI, p. 202-